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asfaloth14 [userpic]

Sur la route

April 8th, 2018 (08:57 pm)
current song: game of thrones

Titre: Sur la route
Fandom : Mézérhían
Personnage : Maeron - Riör - Ser Kenelm
Rating : G
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 2826 mots

Maeron redressa les épaules tirant sur ses muscles endoloris.  Cela faisait presque deux jours qu’il avait les poings liés dans le dos et la douleur devenait difficile à encaisser. Ils étaient parti depuis des heures du château et le paysage était encore trop commun pour le distraire de ses sombres pensées. Il avait beau avoir répété un nombre incalculable de fois à Tea qu’il finirait par partir au front, l'abandonner n'en était pas plus facile. Il souffrait physiquement de savoir qu’il ne la reverrait pas rapidement, refusant d’effleurer l’idée de ne jamais la revoir. Il aurait voulu la voir combattre à ses côtés pour veiller sur ses arrières et profiter égoïstement de sa présence. Il pouvait imaginer son sourire alors qu'elle chevaucherait à ses côtés savourant cette liberté dont elle rêvait. Lui qui n’avait jamais quitté le Romerdhael rêvait de bourlinguer tout comme Tea et ils auraient pu vivre cette expérience ensemble. Mais tout cela n'était qu'utopie. Il était néanmoins rassuré de la savoir au château loin du front et  protégée par une centaine de soldats aguerris. Il se doutait que ça ne lui plairait pas et qu’elle leur mènerait la vie dure mais rien n’importait hormis sa sécurité.

- Tu n'es pas très bavard, lui lança soudain le chevalier qui tenait la bride de sa monture.

Maeron redressa la tête et se tourna vers lui pour le dévisager. L'homme portait la broigne de cuir noire ornée de l'Eiwoarn doré qui démontrait à tous sa fonction de chevalier du Royaume. Néanmoins il n'était pas particulièrement bien battit et devait déjà avoir une bonne quarantaine d'années. Ses cheveux noirs mi longs frôlaient ses épaules et une épaisse barbe noire ornait son visage. Ses yeux noisettes étaient vifs et son visage buriné par le soleil.

Le chevalier en soit avait raison. Voila des heures qu’ils chevauchaient au botte à botte et Maeron n’avait pas une seule fois desserré les dents

- Je ne parle que si j'ai quelque chose d'important à dire, grommela-t-il en fixant les oreilles de sa monture. Et là il vaut mieux pour vous que je me taise.

Les deux chevaliers étaient vêtu de noir ce qui signifiait qu’ils appartenaient aux rangs du Roi. Il ne faisait pas partie non plus de la troupe qui  l’avait arraché à sa forêt. Mais malgré tout Maeron restait sur ses gardes. Il ne savait rien de cet homme hormis que, vu la conversation qu'il  avait entretenu avec la Princesse, elle semblait l'apprécier.

- A moins que vous ne souhaitiez me détacher, proposa-t-il innocemment alors que ses épaules le faisait réellement souffrir

Le chevalier marqua un temps d'arrêt pour le dévisager.

- Il parait que tu as tué un soldat.

Maeron soutint son regard. Une part de lui regrettait son geste. Il n’avait pas eu pour intention d’ôter la vie de cet homme mais il s'était simplement défendu. S'il venait à exprimer des remords peut être pourrait-il être détaché mais il n'était pas genre d’homme à mendier sa liberté

- Si on ne veut pas mourir on ne se jette par armé sur des gens innocents, répliqua-t-il dans un haussement d'épaule douloureux.
- Si je te détache vas tu t'échapper ?

Maeron fut déstabilisé par la question. Il prit un instant pour y réfléchir malgré que la réponse soit évidente. Il ne servait à rien de retourner en arrière. Les adieux étaient faits et c'était mieux ainsi. Rouvrir une plaie n'était jamais une bonne idée.

- Non, finit il par répondre. J’avais mes raisons de rester dans le Romerdhael. Maintenant elle son obsolètes. J’ai bien l'intention d'aller sur le front et de me battre
- Dans ce cas…

Le chevalier stoppa net leurs montures, tira une dague de son ceinturon et trancha d'un coup sec les liens qui retenaient ses poignets. Maeron laissa échapper un gémissement de soulagement et bougea lentement ses bras endoloris. Le chevalier lui tendit ses rênes et Maeron les saisit sans vraiment savoir quoi en faire. Il n'était jamais monté à cheval, hormis avec Tea, mais Adrahil n'était de toute manière pas vraiment un cheval. Il positionna ses mains comme celle du chevalier et se retourna pour jeter un œil à la carriole qui les suivait.

- Je vous remercie, souffla-t-il au chevalier. Mais ça ne m’empêche pas de trouver vos méthodes … répugnantes

Maeron vit les mâchoires de Ser Kenelm se serrer et un ptit muscle au dessus de sa mandibule se contracter signe que de toute évidence lui non plus n’approuvait pas ces méthodes

- Je suis chevalier, répondit-il d'une voix raide. Mon devoir est d'obéir aux ordres quels qu’ils soient. Je n'ai pas à y inclure mon jugement.

Maeron hocha la tête. Il comprenait ce serment et ce qu’il représentait. Cela lui prouvait que l’homme qui se tenait à ses cotés était loyal mais il voulait en savoir plus sur lui pour se fonder une opinion.

- Donc vous êtes de mon avis, insista-t-il soudain loquace. Ces vieillards et cet enfant n’ont rien à faire sur le front.

Le chevalier marqua un temps de silence, son regard perdu sur les collines qu’ils traversaient. Visiblement il menait un combat intérieur qui lui était ardu.

- Pas pour ce battre en effet, finit-il par répondre. Mais quand j'y réfléchis je me dis qu’on aura besoin de bras pour soigner les blessés, pour monter les campements ou pour faire la tambouille.
- Et en cas d'attaque du camp il seront les premiers à mourir, protesta Maeron qui pourtant ne trouvait pas ce raisonnement illogique
- Ton jugement est dur
- Je suis dur avec tout le monde, assura Maeron en fixant à nouveau les oreilles de sa monture. Y compris avec moi même.

Ils chevauchèrent un instant en silence, Maeron se concentrant sur les rênes qu'il tenait dans les mains. Il lorgnait du coin de l’œil la manière dont le chevalier les tenait. S'il voulait se montrer utile il allait devoir apprendre à monter à cheval. Il se rassit correctement dans sa selle et baissa ses talons, copiant la position du cavalier à ces cotés. Ainsi il se sentit plus stable face au mouvement de balancier de l'animal.

- Puis-je te poser une question ? reprit Ser Kenelm en se tournant ouvertement vers lui.
- Essayez toujours, répondit sèchement Maeron.

Sa première impression envers le chevalier était favorable. Il semblait être un homme intègre et il était de bonne conversation, chose que Maeron ne lui avouerait jamais.

- Pourquoi n'as tu pas répondu à l'appel du Roi ?

Maeron ne répondit pas. La question était naturelle et légitime et pourtant il ne savait pas vraiment qu'elle réponse y donner.

- Tu as l'air d'être un gars solide et loyal, reprit le chevalier de sa voix apaisante. A ce que j'ai entendu tu sais te battre, pourquoi ne pas être monté au front à la demande de ton souverain ?

Maeron tiqua sur l'emploi du mot souverain. Depuis son exil dans la foret il ne répondait plus a aucune autorité. Il avait toujours cette rancœur envers le Roi qui ne lui était pas venu en aide, atténué certes par la certitude de Tea que ni le Roi ni le commandant n'avait soupçonné quoi que ce soit à son sujet. S'il voulait trouver sa place au sein de l'armée de Mézérhían il allait devoir apprendre à respecter une autorité et obéir aux ordres.

- Comme vous j'ai prêté serment, finit-il par répondre, décidant de livrer une partie de la vérité. Et je suis resté loyal à se serment.

Le chevalier lâcha un ricanement dénué de moquerie.

- Tu es resté pour une fille.
- Une femme, le contredit Maeron.

Techniquement le terme n'était pas le bon puisqu'il savait que Tea était vierge et qu'il avait du prendre sur lui pour qu'elle le reste. Mais il ne voulait pas qu'on la traite de petite fille. Elle était une femme, une héritière, et sa force lui permettrait de survivre.

Il écarta le bras droit sur le coté, tirant sur sa rêne droite et fut ravi de voir que son cheval lui obéissait. Il fit faire demi tour à sa monture et se dirigea vers la roulotte ou se tenaient les autres prisonniers. Il tenta de ne pas se focaliser sur les regards abattus des hommes à la santé fragile. Il comprenait leur détresse mais ne pouvait rien pour eux. Le jeune enfant par contre était aussi pale qu'un linge et des marques de pleurs jonchaient ses joues. Son regard se posa enfin sur le vieil homme. Malgré le fait que ses comparses lui aient laissé l'unique fourrure à disposition et qu'il soit chaudement habillé l'homme tremblait, son visage était rougi et son regard semblait voilé. Maeron réprima un grognement avant de remettre sa monture à hauteur du chevalier.

- Ser Kenelm, dit il d'une vois posée pour ne pas inquiéter les autres prisonniers. L'enfant ne se sent pas bien et je crois que le plus âgé des homme est fiévreux.

Le chevalier tourna la tête vers lui et sonda son regard. Maeron ne baissa pas les yeux. Il ne mentait pas et n'essayait pas d'entourlouper son interlocuteur.

- Il se fait tard, dit-il d'une vois forte. Nous n'allons pas tarder à nous arrêter pour la nuit.

Il talonna sa monture et se porta à hauteur de l'autre chevalier pour s'entretenir avec lui. Maeron laissa échapper un soupir en voyant les deux hommes chercher à faire halte. Il talonna maladroitement sa monture pour les rejoindre. Il leur proposa de s'arrêter à l’orée du petit bois à quelques centaines de mètres. La foret leur procurerait un abri et ils pourraient faire du feu. Le deuxième chevalier, Ser Ourzal, lui adressa un regard sceptique mais il finit par céder et ils arrêtèrent le convoi à l'abri des arbres. Maeron s'empressa d'attacher sa monture. Ces gestes lui étaient familier car il l'avait fait des dizaines de fois avec Tea. Il essayait de ne pas penser à la jeune femme mais elle restait toujours à la lisière de son esprit. Elle était comme ancrée en lui et il savait que la douleur dans son cœur ne s'estomperait pas facilement.

Il jeta un coup d’œil aux deux chevaliers qui aidaient le vieillard malade à descendre de la roulotte et s'enfonça un peu dans les bois.

- Hey toi là! Ou vas tu ?

Maeron se retourna, certain que Ser Kenelm s'adressait à lui. En effet l'homme soutenait le vieillard d'un bras tout en lui jetant un regard suspicieux.

- Je vous l'ai dit je ne m'enfuirai pas, grommela Maeron. Faites bouillir de l'eau je vais chercher de quoi aider cet homme.

Sur ces mots il entra d'un pas assuré dans la forêt à la recherche de plantes bien précises. Heureusement la barbe des chênes poussait un peu partout dans le Romerdhael et ce n'était pas une plante saisonnière. Son œil avisé eut tôt fait de repérer sa tige rougeâtre et ses feuille particulières feutrées de blanc. Maeron en cueillit plus que nécessaire bien décidé à se constituer une petite réserve.

Il aperçut le regard de soulagement que lui jeta Ser Kenelm lorsqu'il réapparut sur le chemin et leva les yeux au ciel à son attention. Il comprenait tout à fait que l'homme lui faisant face n'aie pas encore confiance en lui et en vrai il appréciait son comportement. Il fut ravi de voir que les hommes n'avaient pas chômés en son absence. Ils avaient fait du feu et de l'eau chauffait dans une petite marmite. Les prisonniers étaient installés autour du feu et le vieillard était chaudement emmitouflé dans sa fourrure. Maeron souleva le couvercle de la marmite et y jeta une bonne poignée de barbe des chênes.

- Laissez infuser un moment, dit-il à l'un des hommes qui semblait le plus aguerri. Ensuite donner ce breuvage à boire au vieillard. Cela devrait faire descendre sa fièvre rapidement.

L'homme hocha la tête pour lui signifier qu'il avait comprit et Maeron s'éloigna pour desseller sa monture. Ces gestes simples qu'il avait l'habitude d’exécuter lui occupait les mains mais son esprit s'égara aussitôt du coté de Tea. C'était elle qui lui avait apprit à desseller un cheval et à entreposer correctement le matériel. Maeron posa sa main sur l’encolure de sa bête et s'autorisa quelques secondes pour craquer. Il ferma les yeux et la revit lovée contre lui dans son grand lit sculpté. Sa main caressant doucement la peau de son ventre, ses lèvres embrassant chacune de ses cicatrices. La douleur qui lui transperça le cœur fut brutale et il faillit laisser échapper un grognement de souffrance.

- Dis moi jeune homme, le surprit Ser Kenelm qui s'était approché. Ou vivais-tu ?

Maeron inspira brusquement pour se reprendre. Tea était sa faiblesse, la seule, et face à ces hommes il ne pouvait se montrer faible. Il refoula les souvenirs de la jeune femme au fond de son cœur avant de se tourner vers le chevalier et de lui adresser une grimace arrogante.

- Ça vous ne le saurez jamais.

Et sur ces mots il se dirigea à nouveau vers le groupe de prisonniers assis prêt du feu. Il fut ravi de voir que ses conseils avaient été suivit et il espérait que la fièvre du vieillard descendrait rapidement. Il se rapprocha de l'enfant qui se tenait un peu l'écart du groupe. Maeron n'avait jamais côtoyer d'enfant et Tea lui avait assez répéter qu'il était grognon et acariâtre. S'il voulait réussir à communiquer avec le petit garçon il devait se montrer avenant.

L'enfant se mit debout en le voyant arriver et recula jusqu'à un tronc d'arbre.

- N'aie pas peur bonhomme, tenta de le rassurer Maeron en levant les mains en signe de paix. Je ne te veux aucun mal.

Le petit se figea, scrutant chacun de ses mouvements et Maeron s'approcha à pas mesurés comme il l'avait fait avec un animal blessé.

- Comment t'appelles-tu ? lui demanda Maeron.
- Riör, répondit l'enfant d'une voix timide.

Le chasseur hocha la tête avant de reprendre.

- Moi c'est Maeron.
- Ils vous ont frappés aussi ?

Riör venait de pointer son visage du doigt et Maeron songea qu'il n'avait pas encore aperçut son reflet. Cela faisait deux jours qu'il avait été frappé mais les hématomes devaient encore être visibles sur sa peau. Son œil s'ouvrait plus facilement mais il leva les doigts pour tâter son arcade qui était encore gonflée.

- Oui, répondit-il sincèrement. Mais pas ces deux chevaliers.

Il vit l'enfant jeter un coup d’œil à Ser Kenelm et son acolyte et Maeron remarqua que lui aussi portait des hématomes sur le visage.

- J'ai mal... geignit Riör en se laissant tomber au sol.

Il passa une main sur son flanc et Maeron comprit que les coups n'avaient pas seulement étés portés au visage.

- Je sais, souffla-t-il incapable de soulager ses blessures. Ne le répète à personne mais moi aussi j'ai mal. Tu verras ça va passer. Toi et moi on est des hommes et les hommes n'ont jamais mal très longtemps.

Maeron lui adressa un clin d’œil et le petit garçon hocha lentement la tête.

- Quel age as tu ? s'enquit il.

Il soupçonnait Riör de ne pas avoir atteint les onze ans. Son attitude bien que courageuse était trop enfantine.

- Huit ans, répondit le garçon.

Maeron retint un grondement de rage. Comment la Reine avait elle pu envoyer un enfant de huit ans sur le front ? Il allait lui demander comment il s'était retrouvé dans une telle situation quand le petit reprit la parole.

- Les soldats ont voulu s'en prendre à ma mère, expliqua-t-il ses mains caressant toujours ses flancs blessés. Il y en a un qui à essayé de la déshabiller et je.. j'ai voulu la défendre.
- C'était très courageux, souligna Maeron alors que son cœur se serrait.

Dans sa tête il pouvait entendre des cris. Les cris de sa propre mère hurlant sous les coups de son père. Il se retrouvait dans le regard perdu de cet enfant.

- Mais je ne sais pas me battre, geignit Riör en essuyant sa joue d'un geste sec.

Maeron soupira en s'accroupissant devant lui et posa une main sur son épaule. Il fut ravi de voir que l'enfant n'eut pas de geste de recul.

- Moi je sais me battre, se vanta-t-il. Et je vais t'apprendre.

Il n'était pas dupe, il ne transformerait jamais un enfant de huit en en un guerrier mais s'il pouvait lui apprendre comment tenir une épée il arriverait peut être a soulager sa conscience. Il se redressa pour se tourner vers les chevaliers qui avaient rejoins les autres hommes au coin du feu.

- Ser Kenelm, l'interpella-t-il. A combien sommes nous du front ?
- Cinq jours de route s'il ne neige pas, répondit le soldat.

Maeron se tourna à nouveau vers l'enfant et lui tendit la main. Ce dernier la saisit et il l'aida à se relever.

- Riör dans trois jours tu sauras te défendre, lui assura-t-il. Et ta première leçon commence maintenant.

Comments

Posted by: solhaken (solhaken)
Posted at: April 11th, 2018 06:22 pm (UTC)

C'est très intéressant de voir enfin Maeron rencontrer d'autre personnes. Ca va apporter beaucoup au personnage et mettre en avant certaines de ses valeurs. Il va pouvoir s'ouvrir à certain et démontrer ses qualités.

Ce sera intéressant de le voir admettre que certains chevaliers peuvent être des hommes d'honneur. Et lui même va devenir quelqu'un par lui-même et plus uniquement dans l'ombre de Teagan.
Ca va être intéressant de le voir évoluer, il n'en deviendra que plus intéressant de voir ce que pourra donner leur retrouvailles parce que les deux vont forcément évoluer avant le jour où ils pourront se retrouver.

Posted by: asfaloth14 (asfaloth14)
Posted at: April 15th, 2018 08:08 pm (UTC)

En effet le personnage de maeron va evoluer. Mais pour cela encore faut il qu il accepte de s'ouvrir. Ces convictions et son comportement vont evoluer

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