?

Log in

No account? Create an account
asfaloth14 [userpic]

Regarde moi

January 23rd, 2018 (08:37 pm)

Titre: regarde moi
Fandom : Mézérhían
Personnage : Maeron / Tea
Rating : PG-13
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 3687 mots


- Tu restes ?
- Je vais juste m'asseoir, la rassura-t-il en désignant le lit d'un signe de tête. Je suis … un peu vidé.

Teagan scruta le regard émeraude de Maeron, sondant sa sincérité dans son regard. Là, à cet instant elle était incapable de rester seule, elle avait besoin de lui. C'était grâce à lui qu'elle était sortie de sa torpeur mais c'était aussi chez lui qu'elle s'était réfugiée.

- Je ne vais nulle part, lui assura-il à nouveau.

Elle hocha lentement la tête avant de lâcher sa main à contrecœur. Elle se dirigea dans un coin de la pièce et disparut derrière le paravent. Elle attrapa la robe que Maelrhys lui avait préparée et eut une grimace de dédain. La suivante ne le savait pas mais elle avait déjà dormi avec Maeron en ne portant qu'une simple chemise. Elle ne voulait pas porter cette robe car elle avait la ferme intention de se blottir contre Maeron et que le tissu épais l’empêcherait de savourer la chaleur de son corps. Chaleur dont elle le savait elle allait avoir besoin pour se remettre. Elle savait que Maelrhys voulait protéger sa décence en lui faisant revêtir une robe la couvrant jusqu'aux chevilles mais le mal était fait. Elle avait été nue devant le Laärki, la Reine et même devant ses soldats qui l'avaient maintenue sur son lit. Elle entendit soudain ses propres cris résonner dans sa tête et ferma les yeux un instant. Son corps avait été profané alors que l'homme qu'elle aimait refusait ses avances pour respecter ce fichu protocole, et cette situation lui était... insupportable. Elle expira lentement pour se ressaisir. Elle ne pouvait libérer cette colère qui louvoyait en elle. C'était ce qu'elle avait fait alors qu'on l'examinait, elle avait laissé libre cours à sa colère et cela n'avait servi a rien. Elle avait été obligée de se réfugier au plus profond d'elle même pour ne pus rien ressentir, pour ne plus rien voir. Elle avait attendu qu'on la délivre, se sentant prisonnière de son propre esprit comme lorsqu’elle était enfant.

Teagan se pencha pour ôter sa robe en essayant de ne pas observer les morceaux de tissus déchirés qui lui rappelaient sa véhémente résistance. Elle avait prit une décision, une décision qui elle en était certaine l'apaiserait. Elle sortit de derrière le paravent, un courant d'air froid frôla son corps entièrement nu et pourtant elle avança avec détermination jusqu'à ce qu'elle voie Maeron. Ce dernier était assis sur le lit, le visage dans ses mains, il semblait abattu et particulièrement fatigué.

- Tu ne devrais pas t'en faire autant, lui dit elle doucement, soudains inquiète qu'il ne change d'avis et la laisse seule.

Il redressa la tête et elle vit clairement ses beaux yeux verts s'écarquiller de surprise en la découvrant. Elle se redressa tentant de calmer les battements irréguliers de son cœur alors que le regard de Maeron glissait sur elle. Elle ne voulait pas paraître avachie, elle souhaitait plus que tout qu'il la trouve belle.


- PUTAIN Tea ! s'écria-t-il soudain en détournant le regard et en se levant du lit.

Elle perdit son assurance en le voyant se diriger à grand pas vers sa commode. C'est avec peine qu'elle le vit fouiller activement dans les tiroirs en grommelant. Il récupéra une vieille chemise blanche qu'il lui tendit en se couvrant puérilement les yeux avec sa main.

- Regarde moi, le pria-t-elle en posant sa main sur son poignet.

Elle voulait qu'il la voie, elle voulait qu'il caresse son corps du regard qu'il panse ses blessures.

- Tea tu ne vas pas bien, grommela-t-il en laissant toujours sa main sur son visage. Rhabilles-toi.

Cette fois la Princesse eut l'impression de prendre un coup au cœur.

- REGARDE MOI ! lui cria-t-elle en attrapant la chemise pour la jeter au sol

Elle le vit baisser la main dans un geste infiniment lent et remarqua que ses mâchoires se contractaient avec force alors qu'il rouvrait les yeux. Il gardait la tête haute, prenant soin de ne scruter que son visage mais ce n'était pas ce qu'elle souhaitait. Son comportement pouvait paraître fou elle en avait conscience mais elle voulait qu'il comprenne.

- Regarde moi, le supplia-t-elle en posant sa main sur sa joue rappeuse. J'ai besoin que tu me voie.

Il baissa son regard émeraude jusque dans le sien et elle se mit sur la pointe des pieds pour poser un baiser sur sa joue, sa poitrine nue frôlant le cuir de sa broigne.

- Ils ont profané mon corps avec leurs regards cliniques, souffla-t-elle contre ses lèvres. Il n'avaient aucun droits de me déshabiller de force et de poser leurs yeux sur moi. Regarde moi et efface la trace de leurs regards. Je t'en prie.

Elle vit clairement la pomme d'Adam de Maeron monter et descendre alors qu'il déglutissait et su alors qu'il allait céder. Elle recula de quelques pas et il posa enfin son regard sur elle. Elle vit ses joues s'enflammer alors qu'il détaillait sa poitrine et ça lui tira un vrai sourire. Elle le trouvait attendrissant soudain si peu sur de lui. Elle l'entendit expirer violemment lorsqu'elle rassembla ses longs cheveux noirs sur une seule épaule lui dégageant ainsi sa vue. Elle observa ses iris changer de couleur passant d'un vert intense à un émeraude sombre. Son regard était puissant mais doux. Il laissait courir ses yeux sur sa peau nue et elle eut l'impression qu'il la caressait du regard. Elle sentit son corps frissonner et une douce chaleur s'emparer d'elle alors qu'il la couvait tendrement du regard.

- Tu es magnifique, souffla-t-il d'une voix tellement rauque que ça accentua le feu qu'elle ressentait prêt de ses reins. Mais je t'en prie rhabilles-toi.

Teagan déclara forfait, elle avait eut ce qu'elle souhaitait. La chaleur qui enveloppait son corps en cet instant avait quelque peu chassé la sensation désagréable sur sa peau. Elle n'oublierais certes jamais les sévices que la Reine et son père lui avaient fait subir mais le regard caressant de Maeron l'avait comme apaisé. Elle avait l'impression d'avoir pansé une plaie a vif, elle picotait encore mais ne faisait plus souffrir. Elle vit Maeron se baisser pour ramasser la chemise qui gisait au sol et se résigna à l'attraper. Elle l'enfila à la hâte alors que Maeron détournait à nouveau le regard. Elle le rejoignait ensuite rapidement et se blotti contre lui. Elle effleura la peau chaude de son cou avec ses lèvres et le sentit frissonner.

- J'ai besoin que tu me touches, murmura-t-elle contre son oreille.

Elle aurait voulu que sa voix soit plus assurée mais c'était seulement un gémissement qui était sorti de sa bouche. Elle était épuisée, blessée, meurtrie et elle savait qu'il était la seule chose qui pouvait la faire se sentir mieux. Elle sentit ses mains se refermer sur sa taille par dessus le tissu de sa chemise et poussa un grognement de frustration.

- Plus que ça, susurra-t-elle en attrapant le lobe de son oreille avec les dents.
- Tea ! grogna-t-il en la repoussant légèrement.

La jeune femme baissa le regard un instant ravalant sa déception et sa frustration

- Tu sais que je ne peux pas faire ça, lui souffla Maeron en la forçant à redresser la tête avec douceur.

Elle lut dans son regard de la déception pourtant elle n'arrivait pas à le croire. Elle ne comprenait pas ce qu'il fallait qu'elle fasse pour le faire céder. Après ce qu'elle venait de subir elle n'aspirait qu'a une chose, laisser déferler la vague de chaleur qui prenait naissance dans son ventre et se laisser emporter par des sentiments qu'elle ne contrôlait pas.

- J'en meurs d'envie crois moi, dit il en caressant sa joue dans un geste très tendre. Mais je ne peux pas te faire ça
- Et moi j'en ai besoin Maeron ! grogna-t-elle avec plus de véhémence qu'elle ne l'aurait souhaité. Ils m'ont puni pour quelque chose que je n'avais pas fait. Ils se sont servi de mon corps sans me demander mon avis. C'est ma virginité et je veux décider par moi même à qui je l'offrirai. je...

Elle fut incapable de terminer sa phrase, la colère l'envahissait à nouveau et les larmes traîtresses refaisaient leur apparition au coin de ses yeux. Elle se sentait à nouveau prisonnière de leur entrave, impuissante. C'était ce sentiment terrible qui lui avait fait perdre pied, le même que dans son enfance. Elle ancra son regard dans celui de Maeron et sous la tendresse qui couvait dans son regard elle décela une pointe d'ombre.

- Je suis honoré je te l'assure et je te désires plus que tu ne le crois, dit il en se penchant pour embrasser son cou. Mais agir ainsi ne ferait que t'attirer des ennuis supplémentaires.

Teagan allait répliquer mais Maeron plaqua ses lèvres sur les siennes. Elle fut surprise par cette étreinte et encore plus étonnée lorsque le jeune homme força le barrage de ses lèvres pour approfondir leur baiser. La Princesse agrippa la nuque du chasseur et glissa ses mains dans ses cheveux pour l'attirer encore plus contre elle. Elle l'entendit gémir contre sa bouche et sentit son corps s'enflammer. Elle fut des plus ébahies lorsque Maeron l'attrapa sous les cuisses pour la soulever avec facilité. Elle entoura sa taille avec ses jambes sans que leur lèvres ne se séparent. Elle sentit son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine alors que Maeron se déplaçait pour l'emmener sur son lit. Il l'allongea violemment sur le dos, la surplombant alors que ses lèvres quittaient les siennes pour se poser sur sa gorge. Elle laissa échapper un gémissement de plaisir alors que Maeron effleurait ses clavicules de sa bouche chaude. Elle n’arrivait pas à croire qu'elle aie réussi à le convaincre, elle n'eut pas le loisir d'y penser plus longtemps car Maeron venait d'attraper le lobe de son oreille avec ses dents ce qui lui tira un nouveau gémissement.

- Pourquoi ne peux tu pas te montrer un instant raisonnable ? souffla-t-il à son oreille avant de s'écarter.

Teagan déchanta alors que Maeron se redressait. Elle remarqua néanmoins son regard brillant et son souffle court.

- Je t'avais dit que je n’accéderais pas à ta demande, dit-il en lissant sa broigne l'air soudain mal à l'aise.

Teagan finit par lui offrir un sourire. Maeron était dans toute les situation sur de lui et plein d'assurance, le voir ainsi les joues rougies lu faisait chaud au coeur. Elle acceptait le fait qu'il veuille la protéger et à cette idée son cœur s'emballait un peu plus pour lui. Elle était fatiguée et elle voulait cesser de lutter pour ce soir et juste profiter de sa présence et de ce qu'il voulait bien lui donner.

- Alors restes dormir avec moi, lui demanda-t-elle.

A sa grande stupéfaction elle vit Maeron reculer, elle ne comprenait pas pourquoi. Il avait déjà passé deux nuits ensemble elle ne voyait pas ou était le problème.

- Je... il faut que je rentre, bredouilla-t-il. Je ne devrais pas être la... Je ne veux pas croiser... mon père.

Il y avait tellement de douleur dans la voix de Maeron que Teagan se leva précipitamment pour le rejoindre. Elle savait à quel point parler de son père était douloureux elle comprenait que le fait d'avouer son angoisse d'avoir à affronter le chevalier devait être particulièrement déroutant pour lui.

- Ser Ulwart est parti au front il y à quelques jours, dit elle en caressant sa joue. Il n'est plus la. Tu partiras à l'aube mais je t'en prie restes avec moi.

Elle l'entendit soupirer et glissa sa main dans la sienne pour le tirer vers le lit. Elle repoussa les fourrures, ouvrit les draps et se blotti dans son lit en adressant un sourire éreinté à son ami. Elle le vit lever les yeux au ciel avant de s'asseoir sur le bord du lit pour retirer ses bottes. Elle sentit les battements de son cœur s'apaiser et lorsqu'il s'allongea enfin sur le matelas elle se dépêcha de se rapprocher.

- J’aimerais que tu enlèves ta chemise, dit elle en tirant sur un pan de tissu pour le décoincer de ses chausses.
- Tea... je ne vais pas me répéter, râla Maeron, agacé
- Je ne vais pas te..., commença-t-elle avant de s'interrompre et de se mettre à rougir. J'ai juste besoin de sentir ta chaleur. Elle me rassure.

Faire cet aveu était un peu déstabilisant et elle sentit son visage s'enflammer. Maeron se tourna un peu plus vers elle et lui lança un regard soupçonneux.

- Soit tu enlèves ta chemise, soit c'est moi qui ôte la mienne, dit elle sur un ton plus assuré et tirant lentement sur le lacet du col de la chemise.

Maeron soupira à nouveau avant de se redresser.

- Tu es incapable d'être raisonnable, grogna-t-il en délaçant les côtés de sa broigne de cuir.

Tea se mit à genoux et posa un baiser rapide sur la joue de Maeron avant de se lever pour souffler les lampes éclairant la pièce. Lorsqu'elle se réinstalla sur le lit elle sourit de satisfaction. Maeron qui était désormais torse nu s'était rallongé. La faible lumière de la lune éclairait sa peau et faisait ressortir les contours de son torse. La jeune femme se précipita pour se blottir contre lui posant sa tête sur son épaule et passant sagement un bras en travers de son ventre et pour la première fois depuis sa confrontation avec son père elle eut l'impression de se détendre. La chaleur de Maeron traversait sa peau pour réchauffer son propre corps qui lui semblait gelé. Son attitude de la soirée pouvait paraître étrange mais il était plus facile pour elle de se concentrer sur le corps de Maeron que sur ce qu'elle avait subi. C'était se voiler la face elle le savait mais peu lui importait.

- Et maintenant si tu m'expliquais les raisons qui t’ont poussée à mentir à ton père de cette manière, proposa Maeron.

Teagan se tendit à nouveau en entendant la colère pointer dans la voix de son ami. Elle savait qu'elle allait devoir lui fournir des explications mais elle avait espérer avoir droit à un peu de répit auparavant. Elle attrapa la main de Maeron et crocheta ses doigts pour se donner du courage.

- Mon père m'a annoncé mon mariage avec Bearach pour dans quelques semaines, finit par répondre d'une voix acide.

Elle sentit Maeron se tendre en apprenant le délais extrêmement court de cette union.

- Quelques semaines, répéta-t-il froidement

Tea serra un peu plus ses doigts, elle voulait finir ses explications tant qu'elle en avait le courage.

- J'ai dit à mon père que je ne voulais pas l'épouser mais il m'a traité comme un objet, continua-t-elle la voix chargée d'émotion. J'ai comprit que je me faisait encore de l'espoir malgré les mises en gardes de Maelrhys ou les tiennes. Je ne suis qu'un pion dans ce jeu de pouvoir, je n'ai pas mon mot à dire, je doit simplement obéir.

Dans la pénombre elle vit Maeron fermer les yeux et serrer si fort les dents que l'arrête de sa mâchoire devint saillante donnant à son visage un coté sauvage qu'elle ne trouvait pas dénué de charme.

- Il m'a giflé..., se souvint elle alors que la douleur dans sa poitrine la taraudait à nouveau. Et j'étais furieuse, je voulais qu'il souffre lui aussi, alors je lui ai dit que je n'était plus vierge. Je penserait que ca suffirait à annuler le mariage. Ce... c'était idiot.
- Idiot mais compréhensible, grommela Maeron.

Teagan fut surprise, elle pensait qu'il lui aurait hurler dessus en la traitant d'enfant immature, ce qu'elle avait l'impression d’être et pourtant il semblait comprendre.

- Tu es d'accord ?
- Non Tea c'était stupide d'agir ainsi mais je commence à te connaître, souffla Maeron en pivotant sur le flanc pour lui faire face. Quand la colère te submerge tu attaques pour te défendre. C'est exactement ce que tu as fais avec ton père et je ne peux t'en blâmer car j’agissais de la même manière avec le mien. Je lui répondait parce que j'étais incapable de rester muet face à ses insultes et à chaque fois je ne récoltait que de nouveau sévices.

Tea se blotti un peu plus contre le jeune homme. A chaque fois qu'il évoquait son père elle éprouvait ce besoin de le réconforter physiquement.

- Nos pères sont des monstres, souffla-t-elle dans son cou.
- Non Tea tu te trompes, la contredit-il en s'écartant un peu. Ton père à régit aussi impulsivement que toi en te giflant parce que tu avais désobéit. Le mien m'a collé une épée chauffé à blanc sur la peau parce que je savais qu'il avait tué ma mère. Ce sont deux choses bien distinctes.

Teagan déglutit difficilement, elle comprenait la différence. Encore une fois Maeron avait raison mais si les agissements de son père était nettement moins barbares que ceux de Ser Ulwart elle n'en était pas moins blessée.

- Par contre ce qu'il t'ont fait subir ce soir est..... grogna Maeron en se redressant vivement.

Dès qu'elle ne fut plus collée à son corps Teagan sentit le froid s'insinuer en elle et sentit la panique l'nvahir. Ses yeux longèrent les muscles du dos du chasseur et se posèrent inexorablement sur sa cicatrice. La lumière blafarde de la lune renforçait les contours granuleux de la marque la rendant presque difforme. Pourtant Teagan n’éprouvait aucun dégoût.

- J'aurais du être la pour te protéger, continua à grommeler Maeron. Je t'ai juré de te défendre et tu as été...

Teagan se mit à genoux en réalisant que Maeron se torturait l'esprit.

- Chut, souffla-t-elle en posant sa main avec délicatesse sur son dos.

Elle le sentit frémir lorsqu'elle frôla sa peau entre ses omoplates, juste sur cette cicatrice qu'il détestait tant mais cette fois il ne se déroba pas. Avec lenteur elle laissa glisser ses mains vers le haut pour agripper ses épaules. Elle posa une myriade de petits baisers sur les marques blanchâtres en forme d'Eiwoarn avant d'entourer son cou de ses bras et de se plaquer à son dos.

- Tu n'aurais rien pu faire de toute manière, lui souffla-t-elle à l'oreille. Tu es la maintenant pour recoller les morceaux et c'est ce qui compte pour moi.

Elle sentit son cœur gonfler dans sa poitrine lorsqu'il attrapa sa main et posa un baiser délicat dans le creux de son poignet. Elle n'arrivait pas à croire qu'un homme aussi acariâtre et maussade que pouvait l'être Maeron puisse se montrer si tendre avec elle. Tout cela n'était qu'une façade. Une façade forgée par les sévices de son enfance.

Maeron finit par se détendre et par se rallonger auprès d'elle. Elle glissa une jambe entre les siennes et reprit sa position initiale. Ils restèrent ainsi blotti l'un contre l'autre dans un silence apaisant. Teagan fit lentement glisser ses doigts sur la peau chaude de Maeron. Elle longea doucement les cicatrices qui barraient son torse. Elle en profita pour explorer son corps à loisir alors qu'il restait parfaitement immobile les yeux fermés et la respiration régulière. Elle dessina le contour de ses pectoraux avant de descendre le long de ses abdominaux saillants sans être exagérément bombés. Le corps de Maeron était puissant mais sec. Rien à voir avec celui que devait avoir Aodhaàn qui n'était que muscles en exagérations. Là ou le chevalier était lourd et musculeux Maeron était sec et rapide. Elle descendit lentement jusqu'à frôler la ligne de poils qui disparaissait sous ses chausses. Au fond d'elle elle espérait une réaction du corps de Maeron trahissant son désir pour elle mais il restait d'un calme déconcertant. Elle savait que si la situation avait été inversée et que les mains du chasseur avaient parcourut son corps elle se serait enflammée de désir.

- Tu ne te rend pas compte de ce que tu me fais, murmura alors Maeron d'une voix rauque comme s'il avait entendu ses pensées.
- Pourtant tu restes particulièrement stoïque, répondit elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

Elle se trouvait idiote de réagir ainsi mais elle était totalement inexpérimentée et elle aurait voulu que Maeron perde un instant le contrôle, qu'il lui monte qu'il la désirait physiquement, qu'elle puisse savoir si elle éveillait en lui les mêmes sensations qui envahissaient son corps dès qu'il la touchait.

- Qu'y à t-il ? demanda le jeune homme d'une voix douce en se redressant sur un coude.

Il souda son front au sien et elle put réalisé grâce à cette proximité qu'il avait le souffle court. Cependant elle fut incapable de répondre trop gênée pour exprimer ce qu'elle ressentait.

- Tu crois que tes mains se promenant sur mon corps ne me font rien, devina-t-il en embrassant le bout de son nez.

Elle déglutit lentement ne sachant pas quoi répondre, soudain Maeron la fit basculer sur le dos et se glissa au dessus d'elle.

- Arrête de douter Tea, souffla-t-il son visage à quelques centimètres du sien. Je prend sur moi pour ne pas que les choses dérape mais je brûle de te toucher, de te rendre tes caresses et d'explorer ton corps.

Il avait dit cela en effleurant sa gorge de ses lèvres et Teagan se tortilla sous lui incapable de rester tranquille.

- Tu me rend fou, murmura-t-il en plaquant son bassin contre le sien.

Et là elle comprit. Elle sentit le corps tendu de Maeron contre le sien, son cœur qui battait dans sa poitrine juste sous ses doigts, son regard d'un vert puissant qui brûlait de désir.

- Mais l'un de nous doit se montrer raisonnable, finit-il avant de poser un chaste baiser sur ses lèvres et de rouler à nouveau sur le dos, la laissant pantelante. Et on sait tout les deux que tu en es incapable.

Teagan se mit à rire en revenant se blottir contre Maeron. Elle ferma les yeux, la joue posée sur son torse, se laissant irradier par sa chaleur. Ainsi rassurée elle savait que peut être était il temps de se reposer un peu tout en profitant de sa présence car elle ne savait pas ou le lendemain les guideraient.


Comments

Posted by: solhaken (solhaken)
Posted at: January 25th, 2018 10:44 pm (UTC)

Je comprends bien les raisons qui la pousse à réagir de cette manière et c'est bien amené. On sent sa détresse et son besoin de chaleur, on comprends qu'elle a besoin de se rassurer et de penser à autre chose, on comprends aussi ce besoin d'effacer aussi rapidement que possible une partie de ce qu'ils lui ont fait pour ne pas s'enfermer dans ce cauchemar !

Deux remarques :

"Ils ont profané mon corps avec leurs regards cliniques" le mot cliniques me gêne parce qu'il ne colle pas à l'univers, et qu'il parait donc étrange de l'entendre l'employer.

L'autre point c'est la contrainte physique dont elle a été l'objet et ses talents de combattante. Maeron lui a apprit à se défendre, mais elle ne le fait pas, elle aurait pu les attaquer, ou en tout cas essayer. Je ne suis pas choquée qu'elle ne l'ait pas fait, la peur, la panique, la sidération et tout ça peuvent l'expliquer, elle peut parfaitement rester pétrifiée et que ce soit cohérent, mais je trouve qu'il manque une pensée à ce sujet de sa part.

- Soit par rapport au fait qu'elle ait essayé et échouée face à la force des deux soldats
=> ça risque de l'inquiéter aussi sur sa capacité à se défendre
- Soit qu'elle ait été incapable de réagir
=> elle pourrait s'en vouloir de ne pas avoir pu réagir, c'est souvent le cas des victimes prises de paniques et qui se disent ensuite "j'aurais pu faire ci, faire ça..."

Dans tous les cas c'est le seul point qui m'a gêné, l'absence d'explications sur ce qu'elle a fait ou n'a pas fait et ce qu'elle ressent à ce sujet.

Edited at 2018-01-25 10:51 pm (UTC)

Posted by: asfaloth14 (asfaloth14)
Posted at: January 27th, 2018 09:07 pm (UTC)

je suis contente que tu aie comprit l'attitude de Teagan. j'avais peur qu'on ne comprenne pas et qu'on se dise que justement elle souhaiterais ne plus jamais être touchée. je n'envisageait pas les choses comme ca pour ce personnage.

Tes remarques sont tout a fait constructives et j'ai essayer d'y remedier.

- Pour le terme clinique je cherche toujours lol.
- quand a l'absence d'explication sur sa réaction du coup je l'ai glissée dans le texte suivant en esperant que ça suffira.

2 Read Comments