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asfaloth14 [userpic]

Impuissance

October 2nd, 2017 (09:40 pm)
current song: the big bang theory

Titre: Impuissance
Fandom : Mézérhían
Personnage : Maeron - Maelrhys - Teagan
Rating : PG-13
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 2488 mots

Maeron tendit l'oreille au croisement du couloir et ne percevant aucun bruits suspects se décida à passer le coin. Comme de juste le couloir était vide et il courut en silence jusqu'à l'angle suivant. Il n'arrivait pas à croire qu'en pleine période de guerre, et alors même que des milliers de soldats s'étendaient dans le camp devant les remparts, les corridors du château ne soient pas gardés. Certes ça arrangeait ses affaires car il pouvait ainsi s'introduire en douce dans le château pour aller voir Tea mais à la place du Roi il aurait fait placer ses meilleurs gardes pour veiller sur sa fille la nuit.

Le chasseur parcourut encore quelques couloirs déserts avant d'arriver devant les appartements de la Princesse. Il aurait préféré s'y engouffrer tout de suite mais il avait peur de surprendre Tea dans une situation délicate et surtout il n'avait aucune certitude sur le fait que quelque chose clochait. Il n'avait que son instinct qui lui soufflait que Tea avait un problème et le fait qu'elle n'avait pas fait accrocher de tissu rouge à la sortie du souterrain pour informations. Il serait pathétique d'arriver avec fracas si Tea était tout simplement couchée. Maeron décida de frapper doucement à la porte en espérant que malgré l'heure tardive Tea l'entendrait. Il pouvait tout aussi bien ne pas arriver à la réveiller et poireauter toute la nuit devant des appartements fermés à clés.

C'est donc avec satisfaction qu'il va la poignée s'abaisser juste avant que le battant ne s'entrouvre. Mais au lieu des beaux yeux bleus de Tea se fut des yeux ambrés qui croisèrent son regard.

- Que fais tu ici ? chuchota la suivante de la Princesse alors qu'un air profondément choqué s'inscrivait sur son visage.
- Je suis venu voir si tout allait bien, grommela Maeron qui n'avait pas prévu d'avoir à justifier sa présence.

A son grand étonnement la jeune femme lui bloqua le passage et tenta de refermer la porte. Mais les réflexes de Maeron la précédèrent et il passa son pied dans l'embrasure pour l’empêcher de le mettre dehors.

- La Princesse va très bien, insista Maelrhys en forçant sur le battant

C'est alors que des sanglots parvinrent aux oreilles de Maeron. Il ne lui en fallut pas plus pour qu'il ne mette un grand coup d'épaule et ouvre la porte en grand, repoussant sans le moindre effort la frêle suivante. Ses yeux trouvèrent le lit à baldaquin ou il avait passé la plus belle des nuits et son regard se posa sur Tea. Cette dernière était roulée en boule sur les couvertures, secouée de sanglots. Maeron sentit son cœur se serrer à la vue de la jeune femme. Son instinct avait raison, il avait du se passer quelque chose de difficile pour que Tea se retrouve dans un tel état.

Il allait se précipiter vers son amie mais la suivante s’interposa.

- Tu ne devrais pas être ici ! grogna-t-elle visiblement en colère.
- Et pourtant je le suis, répondit sèchement Maeron qui commençait à s'agacer.
- Tu n'as pas le droit…
- Que s'est il passé ? la coupa-t-il ne voulant pas entendre ce qu'il savait comme une évidence.

Il contourna souplement Maelrhys qui ne lui répondit pas et s'approcha du lit. Tea se retourna lentement mais il ne lut aucune surprise dans son regard rougi. Seulement de la douleur. Il s'avança à pas de loup et s’accroupit pour que son visage soit à hauteur de celui de la jeune femme.

- Veux tu que je m'en aille ? demanda-t-il avec douceur

Il ne trouva pas étonnant que Tea ne prononce pas un mot, il savait que cela allait être un défi de la faire parler mais il avait espérer un signe de tête. Pourtant elle ne fit rien de tel. Elle se contenta de le fixer de ses grands yeux baignés de larmes sans réaction. Ce n'est qu'au bout de longues secondes qu'elle finit pas tendre lentement le bras et se saisir de sa main lui signifiant à sa manière qu'elle souhaitait qu'il reste.

Maeron se sentit profondément soulagé par sa décision et lorsqu'elle tira légèrement sur son bras il se redressa. Le chasseur prit grand soin de ne pas regarder la suivante qu'il sentait bouillonner de rage dans son dos et attrapa Tea sous les aisselles. Il la souleva avec une infinie douceur pour venir s'asseoir sur le lit et elle vint s'appuyer sur son épaule tout en enlaçant ses doigts aux siens. Il la sentait sangloter doucement contre son torse et se décida enfin à relever les yeux. Maelrhys le toisait depuis l'autre bout de la pièce, les bras croisés sur sa poitrine.

- Tu peux rester la à nous regarder d'un œil noir ou me laisser prendre soin d'elle, dit il en posant sa tête sur le montant en bois sculpté du baldaquin.

La suivante ne répondit rien, ne cessant de le fusiller du regard ce qui n’impressionnait pas le moins du monde le chasseur.

- Je ne la toucherai pas plus que nécessaire, assura-t-il d'une voix plus douce en soulevant leur deux mains enlacées.

Il entendit la jeune femme pousser un profond soupir avant qu'elle ne décroise les bras et se dirige vers la porte d'une démarche raide.

- Maelrhys ? appela doucement Maeron avant qu'elle n'ouvre le bâtant. S'il te venait à l'esprit de me dénoncer sois indulgente et laisse moi encore une heure ou deux.

Il vit clairement la jeune femme lever les yeux au ciel avant qu'elle ne sorte rapidement des appartements. Il n'était pas certains que Maelrhys ne les dénoncerait pas mais son instinct lui soufflait qu'elle n'en avait pas l'intention et il espérait vivement qu'il aie raison.

Les heures suivantes furent difficiles. Tea se mit à sangloter de plus en plus fort jusqu'à pousser des petits cris de douleurs qui fendaient le cœur de Maeron mais qui le rassuraient sur la capacité de son amie à utiliser sa voix. Elle ne prononçait toujours pas un mot et il finit par s'allonger lentement sur le lit pour soulager son dos. Teagan le suivit dans son mouvement ce qui fit remonter le jupon de sa robe sur ses jambes mais Maeron n'en avait cure. Son corps en cet instant ne l’intéressait pas il voulait juste soulager son cœur. Tea avait posé sa joue sur sa poitrine et serrait sa main, toujours dans la sienne, de plus en plus fort. Maeron n'essayait pas de dire quelque chose il se contentait de lui caresser les cheveux de sa main libre et de l'écouter pleurer. Il se creusait pourtant les méninges pour savoir ce qui avait pu mettre Tea dans un tel état mais rien ne lui vint à l'esprit et il regretta un instant de ne pas avoir insisté pour obtenir une réponse de la part de Maelrhys.

Cette dernière avait du décider de les laisser tranquille car aucun garde ne vint défoncer la porte de bois pour l'emmener au cachot et il l'en remercia silencieusement en se promettant de le faire de vive voix plus tard. Ce ne fut que lorsque le château fut endormi depuis longtemps que les pleurs de Tea commencèrent à se tarir. Ces sanglots se firent moins bruyants, son corps moins tremblant et elle finit par ce taire sûrement à court de larme.

- Ça va mieux ? s'enquit doucement Maeron sans cesser de caresser ses longues mèches noires

Tea hocha la tête d'un geste infime. Au moins elle lui répondait.

- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé et je ne tiens pas à le savoir si tu ne veux pas me mettre au courant, souffla-t-il à son oreille. Mais je suis de ton coté.

Il fut ravi de voir la jeune femme esquisser une ombre de sourire. Elle recula légèrement et Maeron pivota sur le coté. Il fit en sorte que son visage soit juste au niveau de celui de Tea. Il put ainsi observer son regard bleu sombre embué de larme. Le contour de ses paupières était rougi, irrité par les pleurs qu'elle avait versé, et quelques larmes perlaient encore au bout de ses grands cils noirs. Son regard semblait vouloir lui dire quelques choses. Il voyait bien que la jeune femme voulait communiquer mais qu'elle n'y arrivait pas.

- Si tu veux que je comprenne il va falloir utiliser ta voix, souffla-t-il en tendant sa main libre pour remettre l'une de ses mèches noires derrière son oreille.

Il sentit son autre main écraser la sienne alors qu'elle fermait les yeux comme sous le coup d'un effort surhumain. Maeron détestait la voir se murer dans son mutisme et surtout il savait qu'au fond d'elle elle avait envie de hurler mais qu'elle en était incapable. Il s'approcha un peu plus près jusqu'à ce que leurs genoux se touchent.

- Je sais que tu en es capable, murmura-t-il à son oreille avant de laisser retomber sa tête sur l'oreiller.

Il vit Tea déglutir deux fois, comme pour essayer de retrouver sa voix et elle glissa l'une de ses jambes entre les siennes.

- Ce... Cewydd...., murmura-t-elle d'une voix rauque à peine audible. ...mort.

Maeron laissa échapper un soupir alors que de nouvelles larmes emplissaient les yeux de Tea.

- Je suis désolé, souffla-t-il en caressant à nouveau sa joue.

Il était vraiment navré et en même temps partiellement déboussolé. Il avait bien comprit que Tea était devenue très proche de ce Seigneur par courrier. Elle lui faisait lire les lettres, occultant sans arrêt les baratinages sentimentaux dont Cewydd Rhiàn inondait ses missives. Elle semblait se contenter des informations qu'il lui livrait et s’intéresser surtout aux avancées Estiennes et à ce qu'il lui relatait des paysages de l'Est. Maeron devait s'avouer qu'il était jaloux de cet homme, en particulier parce que ce dernier était en droit de faire la cour à Teagan et surtout de demander sa main. Mais il n'avait jamais souhaité que ce rival, même si la rivalité n'avait pas lieu d'être, ne soit éliminé. Il était même peiné que Tea aie perdu l'une des rare personne avec qui elle semblait s'entendre. Et pour preuve la mort de son « ami » la mettait dans un état déplorable ce qui témoignait de l'affection qu’elle avait pour lui.

- Je sais que tu... enfin que vous étiez proche, bredouilla-t-il maladroitement.

Il ne pouvait rien faire pour lui remonter le moral. Il ne pouvait redonner vie au Seigneur Rhiàn et il voulait à tout prit éviter le sujet délicat des circonstance de sa mort. Même s'il se doutait qu'il n'était pas simplement tombé de cheval. La mort du Seigneur ne signifiait qu'une chose. La guerre était bien plus avancée que ce qu'il croyait. Maeron sentit soudain le besoin impérieux de bouger, de faire quelque chose, rester immobile lui semblait … impensable et il remua doucement les jambes mais aussitôt celles de Tea l'immobilisèrent.

- Je sais à quoi tu penses, renâcla Tea d'une voix abominablement rauque. C'est hors de question.

Maeron sourit en baissant les yeux pour voir les jambes de Tea entrelacées avec les siennes. Sa peau pale tranchant sur le cuir sombre qu'il portait.

- Tu te dis que tu devrais être la bas, continua-t-elle après un moment d'hésitation. Tu dois te rabâcher que tu serais plus utile dans le Reyr à risquer ta vie pour protéger celle des autres, voir pour ME protéger

Maeron eut le souffle couper d'entendre qu'elle l'avait parfaitement cerné. Il aurait voulu répliquer mais il était heureux qu'elle se remette à utiliser sa voix et il ne voulait pas la rabrouer.

- Et pourtant je suis ici, dit il alors qu'elle relâchait doucement la pression sur ses jambes.

Il mourrait d'envie de laisser glisser sa main sur cette cuisse qui venait d’être découverte par le mouvement de Tea rien que pour sentir la chaleur de sa peau. De la sentir vivante contre lui.

- Tu veux savoir pourquoi la … la mort de Cewydd me fait tant de mal ? demanda-t-elle d'une voix atone.

Maeron plongea son regard dans le sien et hocha doucement la tête pour acquiescer, même s'il n’était pas certains de vouloir entendre une telle chose. Il souhaitait juste qu'elle parle.

- Je n'arrêtais pas d'imaginer que c'était toi qui venait de mourir dans le Reyr, dit elle dans un souffle. Je cauchemardais en voyant ton corps brisé sur un rocher, je … je voyais mon père m'annoncer ton décès je...
- Chut, l'interrompit Maeron en posant un doigts sur ses lèvres. Je suis là tu vois bien.
- J'ai honte Maeron, gémit-elle alors qu'un nouveau sanglot lui échappait. J’appréciais Cewydd mais en le perdant j'ai... j'ai eut l'impression que c'est toi que je perdais. Je sais que tu veux partir la bas mais je ne veux pas vivre cette angoisse.
- Je....
- Non, l'interrompit-elle en s'accrochant à sa chemise avec force. Je ne peut pas te perdre Maeron.... je... je n'y survivrai pas.

Cette fois ce fut Maeron qui resta sans voix. Son cœur sembla manquer plusieurs battements alors qu'un bourdonnement sourd résonnait à ses oreilles. Cette déclaration venait de briser son cœur en mille morceaux. Certes Tea n'en avait sûrement pas conscience mais c'était bel et bien une déclaration qu'elle venait de lui faire. De quoi ? Il n'en était pas sure mais la douleur qu'il percevait dans sa voix le touchait en plein cœur. Il plongea dans les iris bleus sombres de Tea. Couchés en chiens de fusils l'un en face de l'autre il n'avaient jamais étés aussi proche. Il lui aurait suffit de baisser la tête de quelques centimètre pour que leurs lèvres se rencontrent, pour que ce dont il rêvait depuis des mois se réalise. Mais ce n'était pas correct, il ne pouvait faire ça alors que Tea pleurait un ami. Cependant Maeron comprit qu'il ne pouvait plus lutter, qu'il allait devoir lui dire ce qu'il ressentait vraiment et il s'en voulut aussitôt de causer des ennuis supplémentaires à la jeune femme.

- Je suis la, finit-il par répéter doucement alors que Tea continuait de le fixer avec une intensité dérangeante. Je ne pas nulle part pour le moment.

Tea combla alors l'espace qui les séparait en venant nicher sa tête dan son cou, il en profita pour respirer l'odeur familière de ses cheveux comme il aurait pu s'enivrer de la fragrance d'un vin. Il allait lui répéter que pour le moment il restait auprès d'elle mais sentit soudain la peau chaude de Tea contre son ventre. Cette dernière venait de soulever sa chemise pour passer une main dessous. Il frissonna en la sentant remonter le long de sa poitrine et ferma les yeux lorsque sa paume se nicha sur son torse à l'emplacement de son cœur. Il avait l'impression que sa peau s'enflammait au contact de la jeune femme et déglutit lentement alors que la respiration de Tea se faisait plus calme. Elle avait besoin de repos et lui de réfléchir longuement à cette situation qui n'augurait rien de bon.






Comments

Posted by: solhaken (solhaken)
Posted at: October 7th, 2017 07:52 am (UTC)

Rude situation !
On comprends mieux pourquoi elle ne s'est pas réfugiée chez lui (oui, j'avais déjà lu mais j'ai commenté comme si ce n'était pas le cas).

Maeron a fait un gros effort pour la rejoindre, et il a eut raison, mais il va passer une sale nuit ! :p (toi aussi tu aimes torturer tes personnages ! C'est mal :p)

On comprends mieux également la réaction de Teagan, mais ils filent droit dans le mur tout les deux... Et il va vraiment falloir qu'ils arrivent à clarifier cette situation.

Maelrhys fait face à un gros dilemme... Je ne sais pas si elle tiendra éternellement, surtout que même si elle voit sans doute le pire dans leur relation, il est évident que ça risque de devenir très très inconvenant ^^"

Posted by: asfaloth14 (asfaloth14)
Posted at: October 15th, 2017 02:46 pm (UTC)

Oui j aime torturer mes personnages surtout mettre maeron dans se genre de situation car teagan est tellement innocente dans ses gestes qu elle ne se doute pas de ce qu elle provoque chez lui.


Ils vont en effet droit dans un mur. Il y a encore le secret de maeron, leurs sentiments respectifs et cettz dependance mutuelle qui s installe.


Quand a maelrhys elle eqt partagee mais egalement profondement choquee

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