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La surprise

April 22nd, 2017 (10:14 pm)
current song: BO fifty shade of grey

Titre: La surprise
Fandom : Mézérhían
Personnage : Teagan - Maeron
Rating : G
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 5387 mots


- Raccompagnons d'abord Teagan.

En entendant ces mots Maeron se figea derrière la grosse armure ou il s'était dissimulé. Il entendit une jeune femme protester alors que les voix se rapprochaient.

- Non Dalaigh, protesta la voix de Teagan. Ramène Maelrhys à ses appartements. Je retrouverai le chemin des miens seule.
- Vous êtes sure Princesse ? insista l'homme
- Certaine allez y.

Maeron tendit l'oreille et entendit plusieurs bruits de pas qui partaient dans la direction opposée. Il eut un sourire en entendant Tea soupirer alors qu'elle venait vers lui. Quand elle passa devant sa cachette il hésita. Il aurait pu sortir et bondir devant elle mais soudain le courage lui manqua. Il se mit à hésiter. Il était venu sur un coup de tête, Tea ne cessant de lui répéter qu'elle aimerait qu'il lui rende visite. Elle lui avait souvent parlé du souterrain menant aux cuisines du château et les reliant à la foret mais chaque fois Maeron lui avait dit qu'il ne le ferait pas. Pourtant il voulait découvrir l’environnement de Tea. Il voulait voir de ses propres yeux ce qu'elle lui racontait mais il risquait de croiser son père, le risque était trop grand.

Il avait alors prit sa décision sur un coup de tête en se rendant compte que le fait que Tea ne puisse pas lui rendre visite dans l’après midi lui donnait la nausée. Il était conscient du niveau de dépendance que Tea instaurait petit à petit en lui. Il savait qu'il s'embourbait dans une spirale qui finirait mal mais il n'avait plus le contrôle. De plus il voulait faire quelque chose de spécial pour son anniversaire alors pourquoi pas ça. Elle lui avait répéter que sa belle mère lui avait organisé une fête somptueuse et qu'il y aurait beaucoup d’étrangers dans le château. C'était donc le moment idéal pour passer inaperçu.

Maeron se déplaça légèrement sur la gauche et vit Teagan se figer. Elle se tourna lentement vers lui sans le voir. Ses yeux balayaient les pierres nue du mur et elle finit par se détourner. Maeron était fier. Elle ne le voyait pas mais de toute évidence elle avait sentit une présence. Il attendit qu'elle aie tourné le coin pour sortir de sa cachette. Aucun son ne provenait des couloirs signe qu'ils étaient seuls. Le jeune homme ne savait pas trop bien comment il allait s'annoncer et il décida simplement de suivre son amie pour le moment. Il attendit quelques secondes avant de franchir le coin pour ne pas effrayer Tea. Cependant quand il le fit il fut heurté de plein fouet par une silhouette plus fine. Le choc n'en fut pas moins rude car il fut projeté contre le mur et son crane heurta violemment la pierre. Il n’eut pas le temps de baisser les yeux que déjà la personne glissait une lame aiguisée sous sa gorge. Il ne paniqua pas car une bouffé de parfum lui était parvenu alors que la silhouette s'était déplacée et qu'il aurait reconnu cette odeur entre mille.

- Qui êtes …. Oh !

Maeron baissa les yeux pour rencontrer ceux écarquillés de Tea.

- Salut, lâcha-t-il simplement alors que la main armée de Tea retombait le long de son flanc.

Cette dernière le fixait comme si elle venait de voir un fantôme. Son visage avait perdu ses couleurs et ses yeux d'un bleus profonds brillaient intensément.

- Maeron, souffla-t-elle comme pour se convaincre elle même.
- Observatrice, railla le chasseur en se frottant l'arrière du crane.
- Par tout les dieux que.... ?

Mais elle se figea alors que lui aussi entendaient des voix provenant du couloir voisin. Il n'eut pas le temps de souffler que déjà Tea empoignait sa main avec force.

- Suis moi, lui chuchota-t-elle avec autorité avant de partir en courant.

Maeron se laissa entraîner le long de deux nouveaux couloirs. Teagan courait sans le regarder se dirigeant sans hésiter. Elle se stoppa net devant une porte en bois sculptée et Maeron eut tout juste le temps d'apercevoir les armoiries de la famille Mézérhían glorieusement représentée sur le battant avant que son amie ne le tire à l'intérieur et ne referme la porte avec violence. Le chasseur observa alors la pièce dans laquelle il se trouvait. Un lit, une table, une commode, une garde robe...

- C'est ta chambre, comprit Maeron en avançant prudemment dans la pièce.
- Mes appartements, le reprit Tea qui s'était appuyé sur le battant de la porte et l'observait d'un air indéchiffrable.

Maeron laissa échapper un petit grognement de dédain avant de laisser courir son regard sur la pièce. Un grand lit à baldaquin occupait une bonne partie de la chambre. Les colonnes du lit étaient sculptées et il reconnu plusieurs têtes de chevaux entrelacées. Des draperies noires étaient tendues au dessus et à la tête du lit et la encore brillaient en doré les armoiries Royale. Le chasseur fut étonné de voir peu de décoration dans la pièce. A vrai dire il n'y avait pas de tableaux, pas de soieries. Le seul élément de décoration était un vase posé sur la commode avec un bouquet de fleur posé dedans et était certains que ces fleurs n'étaient pas entretenues par Tea.

- C'est très... commença-t-il pour briser le silence.
- Maeron que fais tu la ?

La voix de Tea était froide et sèche et le jeune homme se tourna vivement vers elle. Il n'avait pas vraiment réfléchi avant de se rendre au château. Il avait pensé à la difficulté d'emprunter le passage, de trouver Tea, ne de pas croiser de garde et en particulier un certain chevalier, mais il n'avait pas songé une seconde à la réaction de son amie. Elle continua de le fixer, sa peau encore plus pâle que d'ordinaire. Le regard fermé qu'elle lui offrit le prit au dépourvu et lui serra le cœur. De toute évidence son idée n'était pas bonne et il se sentit blessé.

- Je pensais... commença-t-il avait de se reprendre. Tu n'as pas l'air contente de me voir.

Il sentait la colère s'insinuer en lui. Il avait prit de nombreux risque pour lui faire cette surprise et il s'était attendu à un accueil un peu plus chaleureux. Il vit alors le visage de Tea se relâcher et elle s’avança vers lui.

- Si bien sur, lui dit elle d'une petit voix. Excuse moi je suis juste choquée.

Elle lui adressa alors un vrai sourire et Maeron sentit son cœur palpiter. Elle était désarmante lorsqu'elle lui souriait et il savait qu'il ne faisait certains gestes que pour la voir lui sourire ainsi. Ses yeux se posèrent alors sur sa robe et il sentit son cœur battre encore plus fort. La robe d'un bleu nuit moulait parfaitement la silhouette féminine de Tea. Elle n'avait pas de manche seulement deux fines bretelles qui dénudait totalement ses épaules et découvrait ses clavicules. Il aimait voir Tea les cheveux lâchés mais la coiffure qu'elle arborait aujourd’hui était divine et lui donnait un air royal qu'elle n'avait généralement pas en sa présence. Deux tresses partaient de sa nuque pour venir entourer sa tête comme une couronne Maeron ne l'avait jamais vu aussi fière ni aussi belle.

Comprenant que son regard s'était posé sur elle un peu trop longtemps, il détourna les yeux et ce dernier ce posa sur une pile d'objet négligemment déposé dans un coin de la pièce. Maeron s'en approcha découvrant des instruments de musique, des soieries, des fourrures, des livres et des pierres précieuses.

- Ce sont tes cadeau d’anniversaire, comprit il en voyant l'importante quantité d’objet précieux. Les Onze Seigneurs t’ont gâtée.

Il sentait un goût amer se répandre dans sa bouche en songeant au cadeau puéril qu'il lui avait lui même amené. Durant une seconde il se mit à nouveau à douter que sa présence soit une bonne idée. Mais la main de Tea se refermant sur son poignet lui ôta cette idée de la tête. Durant un instant il regretta de porter ses bracelets de cuirs qui l’empêchait de sentir la chaleur de la peau de la jeune femme.

- Ils m'importent peu, lui assura-t-elle en le tirant avec force pour l’obliger à se retourner. Pourquoi es-tu venu ?

Cette fois encore Maeron se renfrogna. Elle ne semblait pas en croire ses yeux et elle se pencha pour attraper son autre poignet.

- Tu... commença-t-il en grimaçant.
- Je suis contente de te voir, lui assura Tea en lui adressant cette fois un regard noir. Arrête de faire la grimace. Tu déteste ce château et tout ceux qui y vivent.

Maeron se perdit un instant dans le regard bleu de Teagan. Il avait l'impression de plonger dans un lac tellement son regard était pur.

- Excepté toi, répondit-il doucement.

Lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il venait de dire il grimaça de plus belle. Il vit les joues de Tea empourprer légèrement mais elle lui adressa un vrai sourire. Durant un court instant il lu de la fatigue sur son visage pale avant que l'excitation ne reprenne le dessus.

- Tu es la pour mon anniversaire ? lui demanda-t-elle en lui mettant un petit coup de coude dans l'estomac.

Maeron ne fut pas assez rapide pour l'éviter et leva les yeux au ciel. La Tea explosive et incontrôlable était de retour.

- Oui. Je trouvais déplacé d'attendre demain pour te le souhaiter.
- Tu as prit le souterrain ?

Elle avait lâcher ses poignets et se dirigea vers un broc d'eau posé sur la commode pour se servir un verre.

- Oui d'ailleurs tu aurais pu me dire qu'il avait été construit pour des gens minuscules, grogna-t-il en se rappelant son périple. Je me suis cogné assez fort.

Il avait tout d'abord été surprit de trouver le souterrain à l'endroit précis que lui avait décrit Tea. Un instant il avait songé que ce lieu n'existait pas et que la jeune femme lui avait rendu visite de nuit en traversant simplement la foret. Mais il avait pénétré dans ce boyau étroit et avait longuement marché avant d'arriver comme par magie dans les cuisines surchauffée du château. Il avait profité du fait que la cuisine soit vide, il ne savait pour qu'elle étrange raison, pour sortir de sa cachette et s'engouffrer dans les couloirs du château sans être vu.

- Mais tu as raison ! s'écria Téa en s'approchant de lui. Tu es tout égratigné. Attends je vais te soigner ça.

Maeron la vit partir vers sa commode comme une tornade et elle ouvrit plusieurs tiroir.

- Ce n'est rien, assura-t-il en passant sa main sur son front.

Il ne put cependant retenir une grimace quand il frôla sa peau. Il sentait une légère bosse juste à la naissance de ses cheveux qui poissaient. Finalement il s'était peut être fait plus mal qu'il ne le croyait, sa tête avait heurté assez fort le plafond rocheux du souterrain.

- Tais-toi et assied toi sur mon lit ! grogna Tea.

Maeron se mit à sourire devant la soudaine autorité dont faisait preuve la jeune femme.

- C'est un ordre ? s'enquit-il avec un regard curieux.

Tea referma le tiroir d'un coup de hanche et se tourna vers lui. Elle s’avança d'un air impérieux vers lui et il s'entendit déglutir bruyamment.

- Oui tu es chez moi donc tu obéis et tu t'assois.
- A vos ordre votre Majesté

Il se mit à rire en se laissant tomber sur le lit. Le matelas était haut et il dominait encore Téa bien qu'elle soit debout. Il essaya de balayer la pensée qu'il était sur le lit de la jeune femme et se concentra sur le chiffon qu'elle tenait à la main. Elle le surveilla du regard pendant qu'elle allait chercher le broc d'eau pour le poser sur la table de nuit. Elle plia délicatement le linge pour le mettre à tremper et l'essora avant de se positionner devant lui. Elle posa une main fraîche derrière sa nuque pour l'obliger à pencher la tête et posa le linge humide sur sa blessure. Plus que le tiraillement de la plaie se fut la vue qui lui coupa le souffle. Les yeux ainsi baissé il avait le regard posé sur la poitrine généreuse de Tea. Elle s'approcha un peu plus s'installant entre ses jambes pour avoir plus facilement accès à son front. Le jeune homme tenta de relever la tête mais elle l'en empêcha.

- Ne bouge pas, grommela-t-elle de son ton autoritaire.

Maeron inspira longuement pas le nez pour ce calmer. La robe de Tea se laçait par devant et bien qu'elle ne porte pas de corset sa poitrine était considérablement mise en valeur. Sa peau était pale et semblait sans aucune imperfection et il eut soudain une furieuse envie de l'effleurer. Sa poitrine se soulevait doucement au rythme de sa respiration calme et mesurée et Maeron déglutit avec difficulté. Il sentait son corps entier répondre à la vue que la jeune femme lui offrait.

- Je ne te fais pas trop mal ? demanda Tea qui avait du sentir sa tension.
- Non, répondit-il d'une voix rauque.

Il se maudit intérieurement de ne pas arriver à contrôler ses pensées et ses émotions. Il s'éclaircit la voix en se raclant la gorge avant de reprendre.

- Ta robe est superbe
- Merci, répondit elle simplement en récupérant le linge humide pour le poser négligemment sur la table de nuit.
- Mais pas très pratique pour ce battre.

Encore une fois Maeron se maudit. Ces propos étaient d'une banalité affligeante. Mais il ne savait pas quoi dire pour briser ce silence qu'il trouvait inconfortable et discuter lui permettrait de chasser les idées plus que plaisantes qui passaient dans sa tête.

- Je t'ai quand même coincé dans le couloir, lui répondit Tea avec un air de défi.
- Coincé.... Non je t'ai laissé faire.

Il était tellement surprit par l'audace de Tea qu'il s’exécuta quand elle lui fit signe de se pousser un peu. Il recula et elle s'installa sur le lit à ses cotés. Elle s'appuya nonchalamment sur la tête de lit en bois sculpté pour ce positionner en face de lui.

- Je savais que j'étais suivie, insista-t-elle alors que les yeux du chasseur glissaient sur l’immense blason de la maison Mézérhían cousu sur le baldaquin.

Ce tissu lui rappela aussitôt la vrai condition de Tea. Mine de rien il était ravi de voir qu'elle s'était débarrassé de son «  agresseur » avec une telle efficacité.

- Je suis fier de toi, lâchât-il les yeux rivé sur l'immense Eiwoarn doré.
- C'est vrai ? s'exclama la jeune femme.

Il la vit porter la main à son cœur et fut plus que surprit par son air choqué.

- Tu as l'air d'en douter ?
- Tu ne me dit jamais que c'est bien, répondit Tea en haussant les épaules

Il vit alors son masque de bonne humeur se fendre et une certaine timidité apparut sur son visage. Il s'approcha instinctivement d'elle. Il s'en voulait de lui mener la vie dure. Il ne voulait pas ressembler à son père et la maltraiter durant leurs entraînement mais si il ne la torturait pas il savait que pour être bien préparé il fallait se montrer un peu rude.

- Mais je le pense, souffla-t-il.

Il vit un éclair de joie passer dans les iris azurs de la jeune femme et sentit aussitôt un sourire naître sur ses lèvres. Elle le fixait sans se départir de son sourire et Maeron baissa les yeux ne supportant plus l'intensité de son regard. Ses yeux se posèrent une nouvelle fois sur la robe et il tendit la main pour effleurer le tissu bleu nuit du jupon. La texture l’intriguait.

- Cette robe à été confectionnée sur le modèle de celle que je portais plus petite, lui expliqua-t-elle en triturant le laçage qui partait de sa taille pour remonter vers sa poitrine. Je l'adorais. Il paraît que je faisais des crise de nerf pour ne porter que celle la.
- Ça ne m'étonne pas de toi, ricana Maeron.

Il imaginait une petite fille vêtue d'une robe bleu nuit courant dans les couloirs, ses cheveux noirs se balançant sur ses épaules.

- C'était la préférée d'Adraboran.

Maeron releva la tête alors que la voix de Tea se fendait. Cette fois toute trace de joie avait disparut. Il vit clairement la fatigue et la tristesse se peindre sur son jolie visage. Il savait qu'elle ne parlait que très rarement de son frère et que ça lui était intensément douloureux.

- Il... il disait toujours que j’étais jolie dans cette robe, bredouilla Tea en remontant un peu le tissus sur son épaule gauche. Alors pour mes dix sept ans je voulais....

Elle n'eut pas besoin de continuer pour que Maeron comprenne ou elle voulait en venir. Il s'approcha un peu plus d'elle et attrapa sa main. Elle le faisait souvent mais lui avait toujours du mal à instaurer ces contacts physiques. Premièrement car il avait peur de laisser ses sentiments le trahir deuxièmement car pour lui c'était très difficile d'être touché mais avec Tea il y arrivait.

- S'il pouvait te voir, commença-t-il en caressant doucement sa joue de sa main libre. Il te dirait que tu es magnifique.
- C'est ce que tout le monde me répète mais je ne les crois pas, répondit Tea en baissant le regard.

Le jeune homme comprit tout de suite qu'elle ne disait pas cela pour recevoir d'autres compliment mais bien parce qu'elle le pensait. Il redressa la tête et contempla la pièce jusqu'à trouver rapidement ce qu'il cherchait. Il s'extirpa vivement du lit.

- Viens, insista-t-il en la tirant par la main.

Le jupon de Tea se souleva légèrement lorsqu'elle descendit du lit mais Maeron fit mine de ne pas avoir vu la peau pale de ses jambes. Il attira Teagan vers le grand miroir à pied qui ornait un coin de sa chambre. Il la positionna devant et se glissa derrière elle. Il la dominait d'une bonne tête et leurs deux visages étaient donc bien visible dans le reflet.

- Regarde toi, dit il en baissant la tête pour lui murmurer ces mots à l'oreille. Tu es belle et forte.

Il vit Tea relever le menton dans le reflet du miroir. Elle se contempla de son regard si intense et il vit ses pommettes s’enflammer.

- Tu n'as pas à rougir de ces compliments, continua-t-il en posant une main sur son épaule.

Il sentait la chaleur de la peau de Tea sous sa paume. S'il s'était écouter il aurait laisser ses mains glisser jusqu'à sa taille avec une infinie douceur mais il se retint. Il était déjà bien assez gêné des paroles qu'il laissait échapper sans qu'il puisse les retenir.

- Tu me trouve belle ? demanda-t-elle avec une curiosité déconcertante.
- Oui.

Il sut à cet instant qu'il aurait du répondre autre chose, trouver une parade, mais ça lui était impossible. Il trouvait la jeune femme infiniment belle et il ne se voyait pas lui répondre par la négative.

- Mais ne prend pas la grosse tête non plus, ricana-t-il pour alléger l’atmosphère.

Il sut que ça avait marcher quand Tea lui lança un faux regard agacé.

- Alors dis moi comment as tu fait pour entrer ? demanda-t-elle en le poussant un peu. Le château est plein de garde.

Maeron leva un sourcil en ricanant. Des gardes ils n'en avait pas croiser un seul durant tout son périple dans le château. La surveillance des lieux était bien en dessous de ce qu'affirmait la Princesse.

- Je suis plutôt discret lui rappela-t-il alors qu'elle l’entraînait de nouveau vers le lit. Et puis c'est une soirée festive. Je me demande s'il ne se sont pas regroupé quelqu'une part pour boire un coup.

Teagan s'installa au bout de son lit et attrapa sa main. Elle le tira vers elle et il se trouva debout devant elle les yeux baissé vers son visage heureux.

- Je suis vraiment contente que tu sois la, lui avoua-t-elle en traçant de petits cercles avec ses pouces sur le dos de sa main. Ça me touche.

Le sourire qu'elle lui offrit à cet instant remplit Maeron de joie. Tout ces risque qu'il avaient prit n'était plus rien comparé au sourire qu'elle lui offrait. Il se rappela alors qu'il avait apporté quelque chose.

- Je... j'avais quelque chose pour toi, souffla-t-il en glissant sa main dans la poche de sa broigne de cuir.

Le regard de Tea s'illumina aussitôt et il eut impression de voir devant lui une enfant recevant son premier présent.

- Un cadeau ! s'exclama-t-elle. Montres-moi !

Il rit devant son impatience mais son regard ce posa sur la pile de riches présents entreposés dans un coin de la pièce et il déchanta .

- Ça va te paraître ridicule comparé à tout ça, grommela-t-il, attristé de son incapacité à lui offrir des choses plus belles.
- Tout ces présents m'importe peu, lui assura pourtant Tea en posant une main sur son torse. La plupart iront à Maelrhys.

Il lui jeta un regard suspect et fut encore une fois déstabilisé par l'intensité d son regard.

- Allez montres-moi, insista-t-elle en se mettant à genoux sur le lit.

Il la vit sautiller sur son matelas comme une enfant incapable d'attendre et sortit finalement le petit cadeau de sa poche.

- N'es-tu pas censées avoir dix sept ans et te comporter comme une adulte, railla-t-il en ouvrant sa paume devant la jeune femme.
- C'est un bracelet ? demanda-t-elle en récupérant le petit objet de cuir.

Il avait lui même taillé le morceau de cuir dans la peau de l'ours qu'il avait tué pour venir en aide à Tea la première fois qu'il s'étaient rencontrés. Il y avait ajouté des morceaux de cuir d'autres teinte pour varier les couleurs et avait minutieusement gravé le bracelet. Sur l'un des cotés se trouvait une imposante tête d'Eiwoarn alors que sur l'autre c'était un profil de loup qui lui faisait face. Il releva les yeux pour voir Teagan fixer le bracelet les yeux brillants.

- Oui je sais c'est... commença-t-il en voyant le bracelet d'or pur qui ornait déjà son poignet.
- Chut, grogna-t-elle en lui lançant un regard noir. C'est Adrahil ? Et Rashkánn ?

Le jeune homme opina du chef heureux qu'elle aie reconnu les profils de leurs animaux respectifs.

- Maeron c'est magnifique ! s'écria-t-elle avant de sauter du lit.

Il s’avança vivement pour la rattraper alors qu'elle nouait ses bras autour de son cou. Il la sentit serrer fort et fut alors ravi de voir que ce cadeau lui plaisait. Il fut une fois de plus surprit par sa spontanéité. Lorsqu'elle toucha le sol elle se dépêcha d'arracher le bracelet d'or qu'elle portait et le jeta négligemment derrière elle comme s'il n'avait aucune valeur.

- Accroche le moi s'il te plaît, lui demanda-t-elle en lui tendant son poignet.

C'est avec une certaine fierté que Maeron s’exécuta et qu'il referma les liens de cuirs avec de solide nœuds. Il était ravi que son cadeau lui plaise.

- C'est superbe merci beaucoup, insista Tea en faisant tourner le bracelet de cuir autour de son poignet.

Maeron se gratta la nuque, maintenant qu'il avait offert son cadeau et qu'il lui avait souhaité son anniversaire il n'avait plus vraiment de raison de rester. Malgré le fait qu'il soit dans ce château, à une proximité relative de son père, ici dans les apparentements de Tea il se sentait bien. Et il était persuadé que c'était plus du à la présence de la jeune femme qu'au lieu.

- Voila, dit il enfin. Je suis venu...
- … Pour passer du temps avec moi, l'interrompit Tea avec un sourire.

De toute évidence elle n’avait pas spécialement envie qu'il parte et cette idée lui réchauffa le cœur.

- Tu me laisse deux seconde que je me change ? lui demanda alors la Princesse en tirant sur son corsage. Je n'arrive plus à respirer.

Maeron n'eut pas le temps de répondre que déjà Tea disparaissait derrière le paravent qui ornait le fond de la pièce. Il fut un peu déstabilisé par son attitude mais se contenta de s'asseoir à nouveau sur le bord du lit. Il trouvait ça étrange d’être dans la chambre de la jeune femme. Pourtant elle passait beaucoup de temps chez lui et ça lui paraissait naturel. Il avait l’impression de pénétrer dans l'intimité de Tea même si la pièce était très peu décorée. En fait en y réfléchissant bien il ne voyait Tea nulle part dans cette pièce, il ne la reconnaissait dans aucun de ses objets richement décorés hormis dans le blason royal des Mézérhían. Il comprenait enfin ce que Tea affirmait lorsqu'elle lui disait ne pas être à l'aise dans ce château. La Tea spontanée et explosive n'avait pas sa place dans cette pièce.

Elle reparut quelque minutes plus tard et Maeron expira violemment. Elle ne portait plus qu'une chemise de nuit en lin noir qui ressemblait plus à une chemise d'homme qu'à une robe de femme. Le laçage du col descendait bien trop bas dévoilant la peau pale de son cou et le tissus s’arrêtait à peine aux dessus de ses genoux. Maeron laissa courir son regard sur les jambes fines de Teagan et déglutit avec difficulté. Lorsqu'il leva les yeux ils se rendit compte qu'elle avait l'air éreintée. Elle souriait mais ses yeux étaient cernés et le fait qu'elle aie décoiffé ses longs cheveux qui retombaient en cascade bouclées dans son dos lui donnait aussi l'air plus jeune.

- Tu as l'air fatigué, fit remarquer le chasseur pour ce concentrer sur autre chose que les jambes de la jeune femme.
- Je suis épuisée, avoua Tea en grimpant sur le lit. Tout ces faux semblant me vident de mon énergie.

La chemise de la jeune femme s'était tendue lorsqu'elle était montée sur le lit révélant encore un peu plus de peau pale. Elle s'installa à sa place dans le lit et récupéra un oreiller qu'elle glissa derrière son dos.

- Viens prêt de moi.

Maeron su tout de suite que cette idée était mauvaise et il grimaça.

- Je ne sais pas, hésita-t-il

Partager le lit de la jeune femme était terriblement tentant mais il n'était pas prêt pour ce niveau d'intimité.

- S'il te plaît.

Maeron soupira. Il était incapable de lui refuser quoique ce soit et pourtant elle ne semblait pas en avoir conscience. Tentant de ne pas réfléchir aux conséquences de son geste il se pencha pour ôter ses bottes et vint s'asseoir à coté de la jeune femme. Il tenta de garder un peu de distance mais c'était peine perdue avec Tea. Elle vint aussitôt se blottir contre lui et instinctivement il passa un bras autour de ses épaules dans un geste protecteur.

- Tu n'as pas l'air bien, dit il pour ne pas penser à sa main qui était bien trop prêt de sa poitrine dans cette position.
- Je ne sais pas, répondit Tea en haussant les épaules. Je me sens triste.

Maeron comprit que tout cela était difficile pour elle et le fait qu'elle passe de la joie à la tristesse en si peu de temps montrait qu'elle ne contrôlait plus ses émotions.

- Tu ne t'es pas amusée à ta fête ? demanda-t-il

Même s'il savait que sa belle mère se servait de son anniversaire comme d'un prétexte pour rencontrer la haute société du Royaume il avait espéré qu'elle se serait un peu amusée.

- La musique avait l'air entraînante, continua-t-il en se souvenant des notes qu'il avait entendu s'échapper en parcourant les différents couloirs du château.
- Ce n'était pas ma fête, lui rappela-t-elle d'une voix triste. C'était un bal en l'honneur de la Reine.
- Tu n'as pas dansé ?

Connaissant la spontanéité de Tea il la voyait virevoltant dans une salle de bal en entraînant tout le monde derrière elle.

- Je ne pouvais pas, grogna-t-elle montrant ainsi sa frustration. Tout les fils de Seigneurs attendaient dans tout les coin pour m'inviter. Je ne voulait pas qu'ils me touchent. Alors j'ai préférer ne pas danser.

Maeron sentit son cœur s'emballer en se faisant la réflexion qu'elle était blottie contre lui alors qu'elle n'avait pas laissé un seul de ses hommes la toucher.

- Je trouve décevant que tu n'aie pas eu une vraie fête, dit il avec sincérité.

Tea était certes excentrique mais c'était une fille bien qui méritait une belle fête. Maeron se raidit alors que Tea se laissait glisser doucement dans le lit laissant remonter sa robe un peu plus sur ses cuisses. Il ajusta sa position à la sienne et elle resta blottie contre lui.

- J'ai quand même dansé une fois avec mon parrain, lui apprit-t-elle
- Le commandant ? s'amusa Maeron.
- Oui c'était très drôle. Il se débrouille plutôt bien.
- J'aurais voulu voir ça.

Il n'avait que peu de souvenir d'Adorn Rhufawl mais il lui restait la souvenance d'un homme droit et raide. Il ne le voyait pas vraiment danser avec Tea. Il la sentit bouger légèrement et elle vint ce coucher sur le flanc, lui faisant face. Maeron baissa les yeux et croisa le regard bleu de Tea.

- J'aurais voulu danser avec toi, souffla-t-elle

Maeron s'imagina un instant dansant au bras de Teagan et l'idée le fit sourire. Machinalement il remit l'une de ses lourdes mèches noires derrière son oreille et un frisson le parcourut lorsqu'il frôla sa peau.

- Je ne sais pas danser, lui dit il en ricanant.

Il restèrent ainsi un long moment. Ils n'avaient pas besoin de parler. Maeron sentit sa nuque le tirer d'avoir à baisser la tête pour regarder Tea et il ajusta sa position la sienne. Se couchant sur son flanc droit pour que sa tête soit au même niveau que la sienne. Il était partagé entre le plaisir d'être allongé dans ce lit alors qu'avec elle chaque geste paraissait simple et la gêne de partager une position si intime avec l'héritière du trône.

- Maeron ?

La voix de Tea était douce mais également étrangement triste.

- Tu crois qu'il ont pu voir cette soirée ?

Maeron qui avait les yeux fixé sur ses lèvres pleine ne comprit pas tout de suite ou elle voulait en venir.

- De qui parles tu ?
- De ma mère et de mon frère.

Le chasseur laissa échapper un soupir en voyant une larme rouler sur la joue pale de la jeun femme. Il écarta un peu les bras et elle vint aussitôt ce blottir contre lui, nichant sa tête dans l'espace entre sa clavicule et son épaule Il fut étonné par la chaleur que dégageait le corps de Tea. Bien qu'il porte ses habits de lin et de cuirs il percevait le corps de la jeune femme comme jamais. Il pouvait sentir sa poitrine si faiblement protégée se soulever doucement contre son torse et il retint un hoquet lorsqu'elle glissa une jambe entre les siennes pour accentuer encore leur contact.

- Oui, souffla-t-il en glissant son nez dans ses cheveux. Je crois... j'espère.
- Tu crois qu'il serait fier de moi ?

Il y avait tant de fragilité dans cette question qu'encore une fois le chasseur sentit son cœur fondre. Il fallait qu'il la protège, s'était devenu un besoin aussi vital que de respirer ou de se nourrir.

- Çà j'en suis sur.

Il ne savait pas si les défunts pouvaient voir les vivants mais la Reine et le Prince ne pourraient qu’être fier de Tea. Elle se battait chaque jours contre sa tristesse, sa colère et luttait pour devenir quelqu'un qu'elle ne voulait pas être.

- Maeron.... reste avec moi.

Elle avait soufflé ces quelques mots dans le creux de sa clavicule déclenchant chez lui un nouveau frisson alors que ces propos s'insinuaient lentement dans son esprit.

- Tu veux que je dorme ici ? chuchota-t-il contre son front.
- S'il te plaît, insista-t-elle. On se lèveras à l'aube.

Maeron savait que de toute façon il ne pouvait pas lui résister et puis jamais il n'aurait pu se séparer de la chaleur de se corps qui semblait réchauffer le sien. Et quand la respiration de Tea se fit soudain plus calme et qu'elle se blotti un peu plus contre lui et il sut que ça allait être la nuit la plus longue de sa vie mais peut être aussi la plus belle.




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Posted by: solhaken (solhaken)
Posted at: April 23rd, 2017 07:37 pm (UTC)

J'ai beaucoup aimé ce texte.

Je trouve intéressant le fait qu'au départ elle n'est pas l'air enchantée de le voir là, on sent bien que ce n'est pas sa présence qui la gêne mais le fait de ne pas comprendre POURQUOI il est là. D'ailleurs on la voit changer d'attitude ensuite.

C'est très chouette aussi de voir sa fatigue, voir Maeron ne suffit pas pour qu'elle saute de joie, on la sent épuisée. On sent aussi combien c'est difficile pour elle et à quel point elle souffre de l'absence de son frère et de sa mère. Ca c'est bien pour le personnage, pour sa profondeur et son côté humain.

J'ai aussi bien aimé la manière dont Maeron se rend compte du gouffre qu'il y a entre Téagan et le lieux où elle vit, du fait qu'elle n'est pas à sa place, et on le ressent mieux dans ce texte justement.

Il l'a vu dans sa belle robe !!!!
On sent bien qu'il est un éléments très important pour elle et qu'elle se raccroche à lui, mais ouch ! la il en bave vraiment en terme de frustration le pauvre Maeron ! J'adore le coup de la vue plongeante sur son décolleté ! :p

On sent bien qu'elle a besoin du réconfort que lui apporte sa présencce, mais j'en connais un qui pour le coup doit en baver et risque de ne pas dormir de la nuit ! Mais c'es bien amené et on sent bien ces mélanges de sentiments :)

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