GOT : ROBB

Mézérhian - le tanneur

Titre: Le tanneur
Fandom : Mézérhían
Personnage : Teagan - le laarki Heiroken'en - Kieràn - le tanneur
Rating : G
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 1887 mots

La Princesse grimaça quand les doigts glacés et fripés frôlèrent ses côtes et se retint de grogner. Teagan se trouvait dans la grande infirmerie d'Halfàn. Malgré les nombreuses torches et le plafond d'une hauteur impressionnantes les murs de pierres noires du château de l'Heiroken rendaient toutes les pièces sombre et l'infirmerie ne faisait pas exception. L'immense pièce était divisée en « chambre » grâce à des rideaux blancs frappés des trois flèches de la maison Rovenàl. L’atmosphère étouffée rendait Teagan nauséeuse et pourtant elle avait accepté que le Laarkï d'Halfàn l'ausculte. Elle se trouvait donc dans une des alcôves de la pièce, sa tunique qu'elle venait d'ôter pressée sur sa poitrine. Ce dénuder devant le Laarkï ne la gênait en rien mais elle n'aimait pas qu'on la touche et ce depuis l'enfance. Elle avait tout fait pour que son esprit ne vagabonde pas vers le seul contact qu'elle appréciait: celui de Maeron tandis que le vieil homme vérifiait que son corps n'avait pas subit plus de dommages. Les doigts glacés du vieillard parcoururent ses côtes, les inspectant avec minuties avant de descendre vers sa cicatrice.

- Elle est granuleuse, commenta-t-il de sa voix chevrotante. Vous avez été recousue dans la précipitation.
- Je me vidais de mon sang, répondit-elle dans un haussement d'épaule. L’artisan qui m'a sauvé travaillait le bois et n'avait sûrement que très peu manié une aiguille.
- Il vous à sauvé la vie, ajouta le vieil homme en parcourant l'épaisse cicatrice de son index.

Teagan frissonna et concentra son regard sur le drap qui la cachait au reste de la pièce.

- J'en suis bien consciente, murmura-t-elle.

Elle espérait de tout cœur qu'Heraàn et Norah soient en sécurité dans la forêt de Dunvel et qu'elle aurait un jour l'occasion de les revoir et de leur renouveler ses remerciements. Mais rien n'était moins certain.

- Il faudrait appliquer un baume pour que la peau s'hydrate et soit moins épaisse... commença le Laarkï

Teagan leva les yeux au ciel bien consciente qu'elle se moquait de l'état esthétique de sa cicatrice et qu'elle n’appliquerait sûrement pas le baume, quand le rideau s'ouvrit. Instinctivement elle serra sa tunique plus fort contre sa poitrine.

- Laarkï, le Seigneur Aranrhod s'agite et j'ai besoin de … OH !

Le lieutenant Kieràn s'empourpra violemment alors qu'il entrait dans l’alcôve. Teagan le vit aussitôt baisser les yeux avant de se retourner.

- Milles pardons Elarià , bredouilla-t-il. Jamais.. je ne savais pas que.. je n'aurais osé
- Ce n'est rien Kieràn, la rassura-t-elle en riant.

Le Laarkï visiblement mortifié regardait tour à tour la Princesse et le lieutenant qui persistait à rester de dos.

- Voulez vous que je vous apporte le baume ? finit-il par demander alors qu'un silence pesant s'était installé
- Ce ne sera pas nécessaire, assura Teagan. Le seigneur Aranrhod a plus besoin de vous que moi. Courrez à son chevet.

Le Laarkï inclina la tête et écarta le rideau pour rejoindre le fils du Seigneur Rovenàl. Le lieutenant Kieràn se retourna les yeux fermé, effectua un rapide salut et suivit le soignant sans ajouter un mot sous le regard amusé de Teagan. Cette dernière se moquait éperdument de ce qu'il venait de se passer. Le chevalier n'avait aperçu que son ventre c'était donc une situation anodine à ses yeux. Elle renfila sa tunique, boucla un ceinturon sur ses hanches et se pencha pour récupérer son paquetage qu'elle avait emporté avec elle depuis ses appartements

Elle quitta l’atmosphère pesante de l'infirmerie avec soulagement. La chaleur régnant dans la pièce était nécessaire aux blessés et aux malades mais l’oppressait. Quant aux gémissements de douleur et aux plaintes des patients ils la rendaient nerveuse et impuissante. Elle traversa la cour d'un bon pas et se rendit dans ce que la suivante lui avait indiqué être comme l'atelier du tanneur. La jeune femme s'était empressée de lui proposer de l'y emmener mais Teagan avait refusé. La compagnie de la suivante n'était pas désagréable en soi mais elle rappelait à Teagan qu'elle n'avait aucune nouvelle de Maelrhys et ce sujet était pour elle une source d'angoisse à laquelle elle évitait de penser.

Lorsqu'elle poussa la porte elle fut accueillie par l'odeur omniprésente du cuir qui lui était si familière. Elle jeta un coup d’œil autour d'elle, sur les poutres du plafond séchaient de grandes peaux qui devaient être en cours de traitement. Sur une table à sa droite se trouvait des outils, couteau aàmain, couteau à refendre, rainette, fromoir, abat-carre. Elle reconnaissait tout ces outils pour les avoirs vu utiliser par le bourrelier à Mézérhian et sous les doigts de Maeron. Sur la gauche se tenait un mannequin de bois qui servait à ajuster les tenues, il portait d'ailleurs en ce moment une broigne de cuir noire non cousue mais ou le plastron affichait déjà les trois flèches vertes symbole de la province qui l'avait recueillie.

Le tanneur sortit de derrière une armoire et Teagan sursauta. L'homme se tourna vers elle et lui offrit un sourire avant de la reconnaître et de plier le genou avec un hoquet bruyant, le visage vers le sol. L'homme avait la peau semblait il aussi épaisse que le cuir qu'il travaillait, son front dégarni luisait sous la lumière des torches et une barbichette grise pendait tristement à son menton.

Teagan tenta de ne pas se formaliser de cette révérence. Cela faisait désormais trois jours qu'ils avaient passé les portes d'Halfàn et plus personne n'ignorait sa présence. Elle aurait eut envie de se mêler à la foule pour y disparaître mais au lieu de cela elle s'isolait en maudissant le Seigneur Rovenàl.

- Relevez-vous je vous en prie, dit elle avec douceur au tanneur.

L'homme s’exécuta en faisant tomber le morceau de cuir qu'il tenait dans ses mains.

- C'est que .. c'est un tel honneur Majesté... de vous recevoir, bredouilla-t-il en ramassant son cuir.

Teagan lui offrit un sourire sincère. Un honneur ? Elle ne pensait pas, elle avait plutôt tendance à porter malheur à quiconque l'approchait mais elle se garda de le lui dire. Un instant elle se demanda pourquoi il n'était pas parti au front mais derrière son regard vif elle reconnu les signes de l'age. Par contre ses bras restaient robustes et elle ne doutait pas qu'il fasse son travail à merveille au vu du vêtement à moitié achevé sur le mannequin de bois.

- Que puis-je faire pour vous satisfaire votre Altesse ? demanda-t-il en la dévisageant avec une certaine timidité.
- Est-ce vous qui confectionnez les broignes des soldats Heiroken'ens ?

Elle vit les joues du tanneur s'empourprer alors qu'il acquiesçait d'un geste rapide. Si Teagan avait réussi à prendre une décision c'était qu'elle refuserait désormais de porter des robes. Il était hors de question qu'elle parade dans des tissus légers et délicats alors qu'à tout moment elle pouvait être amenée à sauver sa vie. Mais il allait lui falloir des vêtements appropriés. Les chausses que lui avait déniché la petite servante n'était pas adaptée à sa morphologie et il lui fallait quelqu'un de métier sachant travailler le cuir pour lui confectionner des vêtements sur mesure.

- J'ai besoin de certaines pièces, finit-elle par lui dire en posant son paquetage sur la table. Premièrement des chausses.

Elle lu bien évidement de la surprise dans le regard de l'artisan et ce dernier laissa glisser ses yeux sur ses jambes avant de se mettre à rougir. Encore une fois elle ne s'en formalisa pas. Elle était vêtue comme un homme et pourtant elle ne s'était jamais sentie aussi elle-même que dans ces vêtements là.

- Celles que je portais durant mon voyage on été abîmée, continua-t-elle en sortant le dit vêtement de son paquetage. Et celle que je porte ne sont pas adapté à ma taille.
- Vous avez de longues jambes fines, commenta le tanneur. Mais des hanches généreuses...

La Princesse leva un sourcil amusé alors que l'artisan semblai s'étouffer de honte. Son visage prit une couleur rouge flamboyante et il s'empressa de bredouiller.

- Je veux dire... je n'ai pas l'habitude... pardonnez moi... les hommes n'ont pas .. je ne voulais pas vous offenser

Teagan éclata de rire

- Ce n'est rien mon ami je ne suis pas offensée, lui dit elle en lui offrant un sourire. Bien que je ne définirait pas mes hanche comme généreuses, elles sont techniquement plus large que celles d'un homme je le conçoit.

L'homme triturait le morceau de cuir dans ses mains avec nervosité et Teagan continua.

- C'est pourquoi je vous ai amené mes anciennes chausses, elle sont parfaitement à ma taille mais j'aimerais qu'elles se ferment avec un ceinturon et une bouclerie si ça vous est possible.

Le Tanneur se saisi du vêtement pour l'examiner et elle l'entendit marmonner à voix basse. De toute évidence il étudiait le travail de Maeron avec précision.

- J'aimerais aussi que vous me confectionniez un autre corset, reprit-elle en sortant le sien de son sac.

Le regard de l'artisan s’agrandit et il l'attrapa avec avidité pour en détailler le travail. Le cœur de Teagan se serra en contemplant les motifs gravés dans le cuir par Maeron. Elle tenait énormément à ce corset qu'il avait fabriqué pour elle mais lorsqu'elle avait été blessé le cuir s'était imbibé de sang laissant une affreuse tâche qui, elle, ne lui rappelait que des mauvais souvenirs.

- Vous avez été blessée ? demanda le tanneur en levant un regard inquiet vers elle alors qu'il caressait du pouce la tâche souillant le cuir.

Teagan ne répondit pas mais lui offrit un sourire. Le cuir avait bu le sang en grande quantité avant qu'Heraàn ne la soigne et n'importe qui en voyant le vêtement aurait deviné que la blessure était grave, c'est pourquoi elle devait s'en séparer et le remplacer. Elle ne voulait plus s’étendre la dessus.

- De quel couleur le souhaitez vous ? s'enquit le tanneur, son coté professionnel reprenant le dessus sur ces émotions. J'ai un très beau cuir...
- Noir, le coupa Teagan. Si ça vous est possible. Et rehaussé de plates.

Le tanneur redressa si vivement la tête que Teagan fut certaine qu'il s'était tordu le cou.

- De plates ? répéta-t-il abasourdi. Vous comptez vous battre ?

Encore une fois il se mit à rougir en prenant conscience qu'il n'avait aucun droit de l'interroger. La Princesse, elle, s'en moquait. Si elle voulait que son travail lui convienne elle devait lui donner des indications.

- J'aimerais me savoir protégée, lui répondit-elle. Je ne souhaite pas porter d'armure, je voudrais quelque chose de solide mais de souple pour pouvoir me mouvoir à cheval facilement.

Le tanneur hocha la tête, examinant la fermeture du corset de Maeron.

- Je souhaite que ce soit pratique à enfiler, insista-t-elle. Je ne veux pas d'un laçage par derrière comme sur les robes.
- Je vois, souffla l'artisan.

Il s’avança vers sa table et attrapa un parchemin.

- Je suis votre obligé votre Altesse, dit il en s'inclinant à nouveau.

Teagan le remercia chaleureusement avant de sortir de l'atelier. Elle l'aurait bien regarder travailler mais elle sentait que sa présence le troublait et qu'il valait mieux qu'elle le laisse seule. Néanmoins elle était satisfaite qu'il aie accepter de répondre à sa demande et avait hâte de voir son travail car n'en déplaise au Seigneur Rovenàl elle n'avait pas l'intention de s'habiller à nouveau en petite Princesse.
DISNEY : merida

Mézérhian - Seigneur Rovenàl

Titre: Le seigneur Rovenàl
Fandom : Mézérhían
Personnage : Teagan - Arghàn Rovenàl
Rating : G
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 3289 mots


La Princesse jeta un coup d’œil par la fenêtre de ses appartements, de là elle avait une vue dégagée sur la cours principale et les soldats qui l'occupaient. Elle tira un peu sur son corset, rajustant sa chemise sur sa peau qui la démangeait encore après le bain qu'elle avait pris.

Teagan avait été des plus surprise lorsque alors qu'elle restait assise en silence à coté du Lieutenant une jeune femme s'était approchée, l'avait saluée d'une révérence timide avant de s'adresser à elle.

- Elarià , puis-je me permettre de vous montrer vos appartements ?

Teagan, après avoir jeté un coup d’œil à Kieràn qui lui avait adresser un signe de tête, avait fini par accepter. Alors qu'elle pénétrait dans l'enceinte imposante du château elle avait demandé à la servante qui lui avait attribué ces appartements.

- Le Seigneur Rovenàl à eut vent de votre venue, avait elle répondu d'un ton soumis. Il à jugé bon de vous offrir des appartements ainsi que des vêtements appropriés.

La Princesse avait tiqué devant ses propos. En effet il devait lui sembler bien étrange qu'une femme de son rang porte des chausses de cuir crottées et désormais maculée de sang séché le tout assorti d'une chemise en lin déchirée et raide de crasse et un corset en cuir.

Les couloirs d'Halfan étaient sombre et les couleurs dominant l’extérieur de la forteresse était présente de la même manière à l'intérieur. Les flammes des torches n'éclairaient que très peu les pierres d'un noir de jais mais faisait danser les éclats verts parsemés ci et là. Teagan suivit la jeune femme dans plusieurs escaliers avant de franchir une porte de bois sombre agrémenté de fioritures d'un vert plus agressif. La première chose que Teagan repéra dans ses appartements fut la baignoire en marbre noir qui était déjà remplie d'eau chaude. Presque aussitôt la suivante s'était approchée d’elle comme pour la déshabiller mais Teagan l'avait arrêter avant qu'elle ne la touche.

- Je souhaiterais rester seule, lui avait-elle dit. Merci de m'avoir mené jusque ici.
- Bien Elaria, vos vêtements se trouvent sur le lit .

Teagan n'avait même pas accorder un regard au lit à baldaquin sculpté mais avait vérifié que la suivante referme la porte derrière elle avant de se déshabiller. Si une chose lui avait manqué pendant sa captivité suivie de cette interminable chevauchée c'était bien de pouvoir se laver. Elle poussa un gémissement de plaisir lorsqu'elle entra dans la baignoire et refusa de regarder son corps nu tant qu'elle n'avait pas prit un peu de repos. Elle n'avait plus eut de véritable moment d'intimité depuis qu'elle avait découvert Maeron attaché dans les écuries. Elle s'allongea dans cette baignoire bien plus richement décorée que la bassine en bois qu'elle utilisait à Mézérhian et profita des bienfaits de l'eau chaude sur ses muscles endoloris. Plusieurs endroits de son corps la brûlaient vivement et pourtant elle accueillait cette douleur avec délectation, elle savait que l'eau chaude penserait ses blessures et apaiserait son esprit. Elle resta immobile, les yeux fermés et les cheveux flottant dans l'eau jusqu'à ce que la fumée du bain se dissipe autour d'elle et que l'eau devienne tiède. Là elle attrapa l'éponge posée sur un tabouret au coté de la baignoire et entreprit de frotter vigoureusement chaque centimètre de son corps. Elle plongea également la tête à plusieurs reprise dans la baignoire en prenant plaisir à faire virevolter ses longs cheveux autour de son visage.

Lorsqu'elle sortit de l'eau et se drapa dans le drap de bain posé sur le tabouret elle se mit à rire. Elle n’avait jamais vu une eau aussi sale. D'un autre coté elle n'avait jamais passé autant de temps sans se laver. Elle entreprit de se sécher et prit un instant pour observer son corps. Elle avait maigri cela se voyait au niveau de ses cotes qui sans être apparentes n'était pas loin sous la peau. Mais elle avait également prit en muscle, ses cuisses s'étaient un peu élargies et surtout elle pouvait voir se dessiner ses abdominaux sous le plat de son ventre. Le bain avait au moins eut l'effet de lui faire se sentir neuve à l'extérieur car son cœur lui était toujours à vif. Elle s'attarda un moment sur sa cicatrice qui barrait son flanc gauche. Elle se trouvait à une paume de main sous sa dernière côte et elle était loin d'être jolie. Heraàn l'avait recousu avec propreté mais à grand trait et elle lui en était toujours très reconnaissante mais les bords de la plaie s'était refermé en différents stade et avait laissé une cicatrice granuleuse. Elle avait la largeur de deux doigts et la longueur de deux paumes. La laideur de cette marque ne gênait aucunement Teagan. Elle allait juste devoir s'habituer aux petits tiraillements qu'elle ressentait lorsqu'elle passait les doigts dessus. Au contraire elle voyait cette cicatrice comme un trophée de sa libération qu'elle porterait désormais à vie.

Teagan une fois lavée prit enfin le temps d'inspecter les appartements qu'on lui avait attribué. La pièce était spacieuse, moins que celle qui était la sienne à Mézérhian mais après avoir passé des semaines dans une cellule ça lui semblait grandiose Il y avait des meubles en bois tellement foncés qu'ils semblaient noirs et Teagan laissa glisser négligemment ses doigts sur la texture lisse de ceux ci. Le plus belle pièce de ses appartements était sans conteste l'immense lit à baldaquin. Les colonnes du lit semblait être en marbre noir ce qui l'étonna et elle s'en approcha pour vérifier. C'était bien cela la pierre lisse et froide ornait les quatre coin du baldaquin et soutenait des tenture d'un noir profond au liseré vert sombre. Sur la tête de lit les trois flèches en triangle symbole de la province de l'Heiroken était gravée et peinte en vert et c'est avec amusement que Tea remarqua que les tètes de fléchés n'était autres que trois pierres précieuses composées d'arabesque de verts différents.

Sur le lit elle trouva les vêtements dont lui avait parlé la suivante. Elle attrapa la robe et la déplia. Le vêtement était sublime. La longue robe noire était brodée d'arabesque vertes sur les manche et le bas du jupons. Le décolleté était rehaussé de pierreries de la même teinte que celles ornant la tête de lit et dont elle ignorait la provenance. Cela aurait été un réel honneur de porter un tel vêtement et pourtant elle s'en détourna. Elle attendit patiemment que la suivante revienne et lui demanda si elle pouvait lui apporter une paire de chausse et une tunique de lin. La jeune femme eut l'air plus que surprise mais s'inclina avant d’obtempérer.

- Mon Seigneur souhaites vous voir, la prévint la servante. Je vais vous mener à lui.

Teagan lui offrit un sourire et lui emboîta le pas. Elle allait enfin se confronter à l'impitoyable Seigneur de l'Heiroken. Elle se serait attendue à être menée dans la salle principale du château mais la suivante la conduisit dans ce qui semblait être un petit salon. La pièce était richement décorée dans les même teinte que le reste du château et chaque objet présent était ornée des armoiries Heiroken'en, du linteau de la cheminée aux torchères qui éclairaient la pièce. Depuis qu'elle avait mis les pieds à Halfàn tout semblait lui montrer la supériorité du Seigneur Rovenàl et Teagan eut la nette impression que son père avait laissé un peu trop de liberté aux onze seigneur et que ces derniers avaient étendus leur autorité bien au delà de ce qui était ordinairement d'usage. Au château l'emblème royal rappelait à tous l'autorité de la famille Mézérhian mais ici c'était les trois pointes de flèches émeraudes qui parsemaient la forteresse.

Lorsque les portes s'ouvrirent sur le Seigneur de l'Heiroken Teagan se tendit. L'homme qu'elle avait rencontrer à sa fête d'anniversaire et à qui elle s'était confrontée lors du dernier conseil des douze Seigneurs n'avait pas changé. Grand, les cheveux blond tirant sur le blanc tombant sur ses épaules et une barbe précisément taillée ornant sa mâchoire. Mais c'était surtout ce même regard gris et froid qu'il posait sur elle en cet instant qui lui fut familier. Cependant Teagan ne se démonta pas. Elle n'avait rien à se reprocher et elle ne devait pas perdre de vue que cet homme était l'un des banneret de son père. Il était vêtu de cuirs bruns et l'emblème de sa maison était bien évidement frappé sur sa poitrine. Mais ce qui était plus étonnant c'était la cape de velours d'un vert sombre accrochée à ses épaules et qui flottaient alors qu'il marchait d'un pas tendu dans sa direction

à sa grande surprise il la dépassa sans lui accorder un regard se dirigeant vers la table aux pieds sculptés qu'il contourna avant de lui faire face.

- Je n'étais pas certains que les racontar des soldats soient vrai, grommela-t-il de sa voix sèche. Mais c'est bien vous Altesse.
- Je suis également ravie de vous revoir Seigneur Rovenàl, mentit Teagan en se rapprochant elle aussi de la table de bois sculptée. Même si les circonstances ne sont pas gaies.

Il était évident pour elle qu' Arghàn Rovenàl n'éprouvait aucun plaisir à la savoir chez lui mais elle n'en avait que faire. Tout ce qu'elle voulait pour le moment c'était un endroit ou elle se trouvait en sécurité et ou elle pourrait réfléchir à la suite des événements. Elle espérait que malgré ses humeurs maussades le Seigneur Rovenàl pourrait l'aider.

- Comment vous êtes vous retrouvée là ! grogna-t-il avec un signe de tête tout sauf poli dans sa direction.
- C'est une longue histoire, répondit aussi sèchement Teagan en s'agrippant au dossier de la chaise la plus proche. Disons qu'après m'être enfuie de Mézérhian pour prévenir mon père je suis tombée sur vos hommes.

Elle le vit grimacer et s'attendit à ce qu'il lui demande ou était le reste de l'armée et pourquoi elle s'était réfugiée à Halfàn mais il n'en fit rien.

- J'espère qu'ils vous ont bien traité ?

La Princesse fut surprise par cette question mais décida le la voir comme une preuve de sa sympathie.

- Parfaitement, mentit elle ne souhaitant pas évoquer le fait qu'ils avait fait d'elle une captive dans les premiers temps. Le Lieutenant Kieràn est un homme loyal, intelligent et un vrai meneur d'homme.

Au rictus qui se forma sur les lèvres de Rovenàl elle sut qu'il n'avait aucune idée de qui était Kieràn. Une bouffée de colère l'envahit, un Seigneur de province se devait de connaître les hommes qui composait son armée ou tout du moins les gradés. Elle se mordit la joue pour ne pas lui en faire la remarque et dévisagea avec plus d'attention son interlocuteur. Si ces caractéristique physique était les même que depuis leurs dernière rencontre il avait cependant maigri, ses traits étaient tirés et son visage cerné.

- Comment va votre fils ? demanda-t-elle alors avec douceur.

Elle n'aimait pas cet homme mais personne ne méritait de souffrir de la perte d'un être cher, elle était plus que bien placée pour le savoir. à la tristesse qui se peignit sur les traits dur de Rovenàl elle su que les nouvelles ne seraient pas bonnes.

- Entre la vie et la mort votre Altesse, répondit-il sèchement. Le Laarkï s'occupe de lui mais les espoirs sont faibles.
- Vous m'en voyez navrée. J'ai fait de mon mieux pour panser ses plaies et ralentir l'infection mais la blessure était...

Le seigneur Rovenàl balaya ses paroles d'un geste nerveux.

- JE NE SUIS PAS ICI POUR PARLER DE MON FILS !

Sa voix raisonna dans la pièce et Teagan se figea. Elle sentait l'exaspération grandir en elle. Cet homme souffrait elle le savait mais à la manière dont il la dévisageait elle sut que cette conversation allait mal finir.

- Je pensais avoir ordonner que l'on vous mène une robe digne de vous dans vos appartement, fit il remarquer d'un ton acerbe.

Teagan serra les dents pour ne pas l'envoyer au diable tout de suite. La suivante avait exaucé sa demande. Elle s'était montrée maligne en lui ramenant des chausses de cuir appartenant sûrement à un adolescent écuyer car la taille lui convenait parfaitement même si elle avait eut du mal à y passer ses hanches féminines. Elle avait complété sa tenue d'une tunique de lin noire qu'elle avait rehaussé de son corset de cuir. Si elle n'avait pas ceint à sa taille le ceinturon retenant ses armes elle avait néanmoins glissé la dague de son frère dans sa botte droite.

- Vous avez été obéit Seigneur, répondit-elle finalement. Mais je préfère porter ceux-ci qui sont bien plus pratique.
- Une personne de votre naissance ne devrait pas être vêtue ainsi !

Cette fois Teagan sentit son exaspération se muer en colère. Qui était il pour juger de ce qu'elle devait porter ou non ? Mais en vérité elle savait ou se situait véritablement le problème.

- Par ma naissance je suppose que vous voulez parler de ma condition de femme ! cracha-t-elle cette fois sans dissimuler sa colère. Car mon rang m'autorise à porter ce que je souhaite, hors une femme vêtue de chausses de cuirs serait mal vu.

À sa grande satisfaction elle vit le Seigneur Rovenàl s'empourprer, de toute évidence il ne s'était pas attendu à une telle repartie, mais elle n'avait plus de compte à rendre à personne et plus rien désormais ne la retenait de dire ce qu'elle pensait à voix haute. Un silence gênant s'installa et Teagan ne savait comment le briser. Elle n'avait rien à dire à cet homme et pourtant elle avait des question à lui poser bien qu'elle ne soit pas certaine qu'il puisse lui apporter des réponse. Elle fut saisie de le voir briser le silence le premier.

- Qu'allez-vous faire maintenant ? lui demanda-t-il en gardant ses yeux gris rivé sur la table de bois.

L'abrupté du ton la prit moins au dépourvu que la question elle même. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle avait faire, son seul but une fois qu'elle avait comprit qu'il était trop tard pour sauver son père avait été d'aider le Lieutenant Kieràn à ramener Aranrhod Rovenàl à Halfàn. Elle avait espérer y trouver de l'aide mais de toute évidence ce ne serait pas le cas. Néanmoins une idée lui trottait dans la tête depuis qu'elle avait vu de ses yeux les terres dévastée de l'Heiroken.

- Et vous qu'allez vous faire ? lui retourna-t-elle la question.

Le Seigneur Rovenàl se redressa et lui exposa d'une voix calme

- Fermer les portes du château et garder assez de vivre pour ceux qui y restent. Les douves qui nous protègent rendent Halfàn imprenable, les Estiens ne pourront rien contre nous ici.

Teagan déglutit lentement alors que ces mots pénétraient son esprit et elle ne put s’empêcher de reformuler cette idée pour être certaine d'avoir bien comprit.

- Vous voulez dire que vous allez vous enfermer et ne pas vous battre ?

Sa voix du la trahir car le seigneur Rovenàl se renfrogna.

- Gardez votre ton réprobateur pour quelqu'un d'autre ! gronda-t-il. L'Heiroken est ma province et je la gère comme bon me semble.

Mais cette fois s'en fut trop pour Teagan, elle s'avança vers lui longeant la table qui les séparaient sans le quitter du regard.

- Vous voulez dire que vous aller laissé l'ennemi ravager vos terres, tuer tout le bétail et massacrer votre peuple ? demanda-t-elle une fois qu'elle ne fut plus qu'à quelques pas de lui.

Elle crut déceler une lueur de culpabilité dans le regard gris du Seigneur de l'Heiroken mais celle ci se dissimula très vite sous la colère.

- Mon fils à assez souffert ! éructa-t-il. S'il survit je veux qu'il soit hors d'atteinte !
- C'est sur qu'un seul homme vaut plus qu'un millier, railla la Princesse en frappant du poing sur la table.

Arghàn Rovenàl laissa échapper un ricanement amer en la désignant d'un signe de tête.

- Ne me dites pas que vous n'agiriez pas de même pour votre famille.

S'en fut trop pour Teagan qui rompit la courte distance les séparant et se planta sous son nez. Il la dominait d'une bonne tête mais elle s'en moquait.

- JE N'AI PLUS DE FAMILLE ! Gronda-t-elle. Ma famille à été sacrifiée pour que certains puissent vivre ! Ma mère et mon frère on été les victimes d'un guet-apens visant à fragiliser le royaume, et mon père ….

Elle s'interrompit et fit volte face pour reprendre ses esprit. Elle ne savait la vérité mais son cœur et son instinct lui criait espoir.

- Mon père est sûrement encore en vie, déclara-t-elle d'un ton plus calme. Torged Manahaxar ne peux l'avoir tué.

Elle s'attendait à un nouveau ricanement amer mais lorsqu'elle se retourna le Seigneur Rovenàl lui lança un regard intrigué.

- Qu'est ce qui vous rend aussi sure de vous ? s'enquit-il avec moins d'hostilité dans la voix.

La Princesse soupira avant de se lancer. Elle avait longuement réfléchi à cette idée durant ces insomnies et bien qu'elle ne puisse avoir aucune certitude il lui semblait comprendre un peu mieux leur ennemi et leur mode de fonctionnement

- S'il avait assassiné le Roi, Manahaxar aurait brandi son corps au dessus de son armée décimée pour que tout le monde puisse le voir, lacha-t-elle d'une voix éteinte.

A près tout Bédélia Peràn lui avait bien fait part du désir de l'empereur Markanéen de la garder en vie dans un cachot et de l'affamer jusqu'à ce qu'il arrive à Mézérhian et puisse la tuer de ses propres mains. Le seigneur Rovenàl hocha la tête avant de passer ses pouces dans sa ceinture. Elle pouvait à nouveau voir la colère sur son visage et s’apprêta une nouvelle fois à l'affronter.

- Et que devrais-je faire selon vous ? demanda-t-il froidement. Écoutez les conseils d'une petite fille qui n'a jamais diriger d'armée ?

Teagan eut l'impression qu'on l'avait giflé mais elle ne pouvait réfuter les faits. Elle n'avait pas suivi d'éducation militaire et tout ce qu'elle savait de la guerre c'était ce que lui en avait raconté ces hommes qu'elle avait raccommodé ou ce qu'elle avait vu sur les terres de l'Heiroken.

- Non, prendre conscience que vos terres sont dévastée et que votre peuple souffre ! répondit-elle tout de même en soutenant son regard pour ne pas lui montrer qu'il l'avait vexée. Récupérer les hommes qu'il vous reste et défendre votre province !
- Nous n'avons presque plus d'hommes protesta aussitôt le Seigneur Rovenàl
- C'est faux ! Nous avons détruit une troupe Estienne avec les hommes que nous avions. Vous ne pouvez laisser votre peuple mourir et vos terres brûler en vous cachant dans votre château. Vous avez juré à votre peuple de le protéger !

Cette fois Teagan eut l'impression que ces propos avaient fait mouche. Le Seigneur Rovenàl baissa les yeux fixant l’emblème de sa maison gravé dans le bois de la table. Il semblait réfléchir, partagé entre sa sécurité et celle de son fils et le serment qu'il devait honorer. La Princesse comprenait son dilemme mais elle savait comment elle avait personnellement réagi face à l'attaque de ce village et elle n'avait pas eut à réfléchir très longtemps avant d'agir.

- C'est impossible , finit par souffler tristement Rovenàl

La colère flamba dans ses veines et Teagan s’avança pour poser sa main sur la sienne en pointant du doigts les trois flèches gravées dans le bois.

- Alors il va vous falloir changer rapidement la décoration de cette sale, cracha-t-elle car l’emblème de cette maison n'aura plus aucune valeur.

Et sur ces mots elle fit demi-tour et quitta la salle principale, les semelles de ses bottes claquant sur les pierres ne résonnant pas assez fort pour couvrir les bourdonnement de colère dans ses oreilles.