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asfaloth14 [userpic]

Des aveux

December 2nd, 2016 (10:02 pm)
current song: avant toi

Titre: Des avex
Fandom : Mézérhían
Personnage : Maeron - Tea
Rating : Pg-13
Disclaimer : Tout à moi ^^
Nombre de mots : 2376 mots


Maeron entendit les foulées de galop d'Adrahil avant même de voir le cheval et sa cavalière traverser les buissons. Il se redressa doucement en sentant son corps courbaturé protester.

Il avait jeté un regard à sa plaie quelques instants auparavant et cette dernière était plutôt propre. Il avait été assez étonné de voir un bandage enserrer sa jambe et une mixture brunâtre appliquée contre la plaie. Mais après tout il avait peu de souvenirs de la soirée de la veille hormis la douleur et la fièvre et il avait du soigner sa jambe machinalement.

Rashkánn bondit à la rencontre de la jeune femme, qui une fois descendue de sa monture, caressa doucement la tête du loup. Elle ôta la bride et la selle d'Adrahil pour les déposer contre le mur de la cabane.

- Bonjour, lui dit Maeron d'une voix un peu rauque.

Il ne l'avouerais jamais à la jeune femme mais la nuit avait été difficile. Il avait fait beaucoup de fièvre et avait sûrement du perdre connaissance dans la nuit. Et depuis qu'il était levé il ne cessait de boire pour tenter de se réhydrater.

- Bonjour,répondit Téa en lui offrant l'un de ses sourires désarmant. Comment vas tu ?

Elle s'approcha doucement de lui et à son grand étonnement leva la main pour la poser sur son front. Il se dégagea rapidement en reculant d'un pas et fut vite prit d'une sensation de vertige. Il détestait être malade. Il se sentait affaibli et plus vulnérable. Une situation qu'il ne tolérait pas .

- Je vais bien, répondit-il d'un ton plus brusque qu'il l'aurait voulu.

Il vit le visage de Tea se fermer et regretta une nouvelle fois son attitude. Il aimait tant voir la jeune femme sourire et pourtant sa froideur et son inexpérience des relation humaines ne faisait que faire grimacer la jeune femme.

- Je suppose que si je veux des remerciements il va falloir que je m’accroche, grommela-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine.

Maeron se redressa, ne comprenant rien à la situation et à l'agacement qu'il pouvait lire sur les trait de son amie.

- Des remerciements ? répéta-t-il en se creusant les méninges
- Pour t'avoir veillé toute la nuit !

Le jeune homme en eut le souffle coupé. Il ferma les yeux pour faire ressurgir des souvenirs de la nuit mais rien hormis la chaleur de la fièvre et la douleur de sa jambe ne lui revint en mémoire.

- Tu étais là ? grogna-t-il, mécontent
- Tu pensais que c'était un esprit de la forêt qui t'avais enlevé ta chemise ? railla la jeune femme

Et voila que son insolence reprenait le dessus. Cette facette de la jeune fille ressortait dès qu'elle se sentait mal à l'aise ou acculée. Comme une bête monstrueuse qu'elle tentait sans succès de garder cachée au fond d'elle même. Et pourtant Maeron savait que c'était quand elle laissait libre cours à son insolence que la jeune femme était la plus vraie et la plus à même de se dépasser.

- Je pensais l'avoir fait moi même, avoua Maeron

Il prenait sur lui pour ne pas laisser la panique le gagner alors que les mots de Tea pénétraient lentement son esprit. Elle avait passé la nuit avec lui ça ce n'était pas le plus grave. Il aurait même pu se mettre à sourire en imaginant Téa à son chevet. Mais il s'était réveillé torse nu et sans ses canon de bras. Ce qui signifiait qu'elle l'avait déshabillé. Loin d’éprouver véritablement le désir et la satisfaction qu'il sentait pointer en lui c'était la panique qui prenait le dessus. Elle l'avait vu torse nu et peut être même de dos.

- Tu n'aurais jamais du faire ça !  cracha-t-il

Il se retourna pour ne plus faire face à la jeune femme alors que la panique s'insinuait dans chaque fibre de son corps. Il sentait ses membres trembler et frappa un grand coup dans le mur de sa cabane. Il savait qu'il perdait le contrôle mais n'arrivait pas à se brider à l'idée que la jeune femme aie vu son corps.

- Quoi ?  demanda Tea le visage fermé. Te soigner ?
- Je me débrouille très bien tout seul ! gronda-t-il en passant nerveusement ses mains dans ses cheveux
- Oui j'ai vu ça ! railla la jeune femme


Il fit volte face et elle détourna alors le regard comme si elle s'était brûlée. Maeron su à l'instant que la suite de la conversation n'allait pas lui plaire. Il vit les joues de Tea rougir et comprit que la jeune femme était gênée et il pensait savoir pourquoi.

- Tea crache le morceau ! 

Il savait que si elle le faisait languir sa colère prendrait le dessus et il risquait de prononcer des mots qu'ils ne pensait pas vraiment.

- J'ai vu tes cicatrices, souffla-t-elle d'une voix à peine audible.

Maeron ferma les yeux en se pinçant l’arrête du nez. L'angoisse emplissait sa poitrine rependant une horrible sensation d’étouffement dans tout son corps. Aussitôt Rashkánn vient se glisser contre ses jambes et il accrocha ses doigts à l’épaisse fourrure d'un noir de jais de l'animal.

- Lesquelles ? demanda-t-il d'une voix tremblante qu'il tentait pourtant de contrôler.

Avec un peu de chance elle ne les avaient pas toutes vues. De toute manière il serait vite fixé. Jamais la jeune femme ne tiendrait sa langue si elle avait vu les marques de son dos.

- Tes poignets, murmura Tea en soutenant quand même son regard. Je t'ai enlever tes bracelets .

Maeron jeta un regard inutile aux canons de bras en cuirs ornant ses avant bras. Ses derniers étaient taillés dans de la peau de sanglier assez résistante et il les avait gravé d'arabesque représentant des loups. Il ne s'en séparait jamais ce que la jeune femme avait sûrement dû remarquer.

Le chasseur sentait le bout de ses doigts le picoter et la douleur de sa jambe s'évanouir alors que la colère parcourait son corps.

- Tu n'avais aucun droit de..... ! gronda-t-il, perdant petit à petit le contrôle de sa voix. Tu n'avais pas à me déshabiller !

Il se détourna de la jeune femme. Il tenait à elle et ne voulait pas lui faire de mal. Mais cette angoisse qu'il ressentait face à ces cicatrices et au fait qu'elle les aie vu le rongeait de l’intérieur et il ne se contrôlait plus.

- Tu étais consumé par la fièvre Maeron !  s'écria la jeune femme. Tu délirais !
- Ce n'était pas une raison !

Il sentit la main de la jeune femme se refermer sur son biceps et elle l'obligea à se retourner avec une force étonnante. Et lorsqu'il baissa les yeux il se retrouva face à ses yeux bleus qui brillaient de colère.

- Ta chemise était trempée ! gronda-t-elle. Je te l'aie enlevée pour que tu aille mieux. Je n'ai pas abusé de toi dans ton sommeil !

Une image fugace du corps de Tea contre le sien apparut dans son esprit mais il la chassa très vite. Il se mordait l’intérieur des joues pour ne pas lui crier des insanités qu'il regretterait et fut abasourdi quand la tristesse et l'angoisse remplacèrent la colère dans le regard étincelant de la jeune femme.

- Maeron, continua-t-elle en laissant glisser sa main jusqu'à son avant bras. Tu étais vraiment mal en point. L'infection gagnait ta jambe. Le plantain à fait des miracles mais tu n'es pas encore guérit. Tu... tu m'as fait très peur.

Le chasseur expira lentement. Il était touché par l'angoisse qu'il lisait sur les trait de son amie et une bouffée de reconnaissance l'envahit. Il n’était cependant pas prêt de l'avouer à la jeune femme. Il déglutit difficilement. Il devait se faire à l’idée qu'elle avait vu les cicatrices de ses poignets et de son torse. Ce n’était pas une raison pour qu'elle pose des questions.

- Très bien , pesta-t-il. Mais je n'ai pas envie d'en parler

Il savait très bien que ça ne marcherait pas mais il n’avait pas pu s’empêcher de tenter sa chance.

- C'est un peu facile ça Maeron ! gronda la jeune femme en se plantant à nouveau devant lui, son fichu air entêté plaqué sur son visage. Je suis restée toute la nuit à m'occuper de toi. J'ai bravé les gardes du château pour te soigner ! Et … et toi tu ne me donnes aucune explications.
- C'est du passé, l'arrêta Maeron en frottant machinalement son poignet droit. Et c'est MON histoire ! 
- Je suis ton amie..., protesta Tea. Et ton passé je …. je veux le connaître.

Le chasseur se retint de pousser un grognement de frustration. Jamais il n'avait connu une personne aussi obstinée et il dut se mordre la langue pour ne pas la rejeter encore une fois.

- Tu ne lâcheras pas l'affaire ? demanda-t-il tout de même en passant nerveusement sa main dans ses cheveux
- Non.
- Tu vas me persécuter jusqu'au ce que tu aies ta réponse ? 

La jeune femme hocha la tête en lui offrant un petit sourire ironique. Maeron prit une inspiration très lente pour se donner du courage. D'un coté il était touché par le fait qu'elle veuille en savoir plus sur lui de l'autre il ne voulait pas revivre son passé ni lui monter sa vulnérabilité et la honte qu'il ressentait face à ses maltraitances.

- Très bien, capitula-t-il après quelques longues minutes de réflexion.  Je vais te la donner ta réponse. Mais si je vois une once de pitié dans tes yeux tu peux partir tout de suite.

Il sentit Rashkánn glisser son museau dans la paume de sa main et il déglutit difficilement gagné par l’émotion. Tea elle, ne broncha pas. Elle se contentait de le fixer de son regard bleu incandescent.

- Mon père m'a enchaîné comme un chien après avoir tué ma mère de ses mains ! Cracha Maeron en arrachant son bracelet de cuir qui protégeait son poignet droit, révélant ainsi sa cicatrice blanchâtre et boursouflée. Ces marques sont la preuve que j'ai lutté nuit et jour pour sauver ma peau.

Il sentait l'entierté de son corps trembler et se demanda un instant s'il n'allait pas s’évanouir. Il scruta le visage de Téa qui restait de marbre. Elle avait les dents serrées et le regard froid mais il n'y lu qu'une forte détermination. Pas de pitié.

- Et les marques sur ton torse ? demanda-t-elle d'une voix égale. Toutes ces coupures ?
- Un cadeau de mon père également.  Il voulait que je sois chevalier. Et il m’entraînait très dur.
- En plantant sa lame dans ton corps ! cracha Téa
- Une technique qui selon lui avait fait ses preuves.

Il fut étonné par sa propre réaction. Il pensait que parler de tout ça serait pénible mais il ressentait surtout un étrange soulagement. Tea quand à elle ne souriait plus. Elle s'approcha doucement de lui et il frissonna quand elle posa sa main sur sa joue, juste sous son œil gauche

- Et celle ci ? demanda elle en effleurant du bout des doigt sa cicatrice
Pourquoi serait elle différente des autres ? 

Il la vit fermer les yeux une seconde supplémentaire comme pour encaisser un coup. Son visage n’était qu'a quelques centimètres du sien et il pouvait voir chaque détails de sa peau pale.

- Tu t'es enfui pour venir vivre ici, dit-elle, prononçant tout haut ce qui était une évidence.
- Je n'ai pas eu le choix, murmura-t-il en replaçant l'une des longues mèches noires de la jeune femme derrière son oreille. Il m'aurait tué
- Pourquoi n'es-tu pas aller au château ?

Maeron laissa échapper un grognement de dédain tout en s'écartant de la jeune femme. Il revoyait les tours rassurantes du château de Mézérhían. Ses murs de pierres solides qui renforçait la forteresse qui pour de nombreuses personnes représentait la sécurité. Mais pour lui ses tours froides ne représentait rien hormis un endroit ou son bourreau de père était considéré comme l'un des meilleurs chevalier du Royaume

- Pour y voir qui ? gronda il mécontent qu'une fois de plus Tea lui reparle du château. Le Roi ? Son commandant ?  Qui aurait cru un môme de Riwälon ?! 
- Mon père t'aurai cru ! s'écria Téa avec force.

Maeron se tourna vers elle, la dévisageant alors que son visage perdait de ses couleurs et qu’elle semblait soudainement mortifiée.


- Le cuisinier ? ricana-t-il. Quand bien même, qu'aurait il pu faire ? Le château n’était pas un refuge envisageable.

Il se souvenait de sa fuite et de la difficulté à s'enfoncer dans la foret en laissant derrière lui les murs de pierre du château.

- Alors j'ai fini par venir ici et j'ai trouver Rashkánn.

Il releva la tête pour sonder le regard de Tea. Elle semblait blessée.

- Je ne veux pas de ta pitié, grogna-t-il en sentant la nausée le gagner

Il ne voulait pas que son amie aie honte de lui et découvre qu'il n’était qu'un lâche qui s'était enfui. Ce qu'elle était vraisemblablement entrain de penser vu le regard brillant qu'elle affichait.

- Je n'éprouve pas de pitié ! Lui dit-elle soudain en se rapprochant.

Sa tristesse s'était semble-t-il évanouie laissant place à la colère

- Juste de la peine en imaginant un petit garçon meurtri par son père. Et surtout.... de …. de l'admiration.
- De l'admiration ? répéta Maeron abasourdi
- Oui, assura-t-elle. De l'admiration pour un enfant qui à trouvé le courage de lutter pour s'enfuir et de rebâtir une vie sans l'aide de personne.

Maeron laissa échapper un sourire et baissa les yeux pour plonger dans ceux de Tea. Son visage n’était qu'a quelques centimètre du sien et il la sentait trembler de rage contre lui. Il eut soudain envie de baisser la tête pour poser ses lèvres sur celle de la jeune femme. Il y lisait tellement de peine et aussi autre chose. Comme elle l'avait dit une sorte de fierté. Pour la première fois il fut sûr d'avoir fait le bon choix en s'enfuyant de chez son père et pour la première fois il aurait voulu serrer la jeune femme contre lui pour que cette confiance en lui qu'elle affichait sans cesse le transperce !

Comments

Posted by: solhaken (solhaken)
Posted at: December 4th, 2016 10:25 pm (UTC)

Une situation difficile pour l'un comme pour l'autre dans le cas présent... :/
Un de ses jours Tea va se trahir, elle est trop mauvaise menteuse et les émotions la rendent impulsive...

En tout cas là elle s'enferme encore un peu plus dans les mensonges et ça n'a rien de bon... Vivement la suite !!!

On sent bien que ça rend Maeron malade de dévoiler ses faiblesses en tout cas !

Posted by: asfaloth14 (asfaloth14)
Posted at: December 5th, 2016 08:22 pm (UTC)

Oui la situation est compliquée. pour Maeron montrer ses cicatrices est très difficile il en a honte et ne veux surtout pas montrer ses faiblesse devant Tea. Quand a elle elle pense le contraire. ces cicatrices sont la preuve qu'il à su ce montrer fort.

Posted by: solhaken (solhaken)
Posted at: December 5th, 2016 10:47 pm (UTC)

Ouais, deux visions très différentes mais toute les deux en soit pleine de bon sens... Juste deux manière différentes de ressentir les choses...

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